Politique

Dans le désert malien, l’épave du « Boeing de la coke » à l’abandon

Dans le désert malien, l'épave du "Boeing de la coke" à l'abandon © AFP

L'épave gît en plein désert, recouvert chaque jour un peu plus par le sable ocre du Sahara. Début novembre, un Boeing 727 venant du Venezuela et transportant, selon l'ONU, de "la cocaïne et autres produits illicites" avait atterri dans la région de Gao (Mali).

L’appareil a déchargé son précieux contenu puis est sorti de la piste artisanale avant d’être incendié par les trafiquants, selon des recoupements faits sur place par un journaliste de l’AFP. Dans un premier temps, les informations faisaient état d’un « crash » au décollage.

Des fûts vides de carburant retrouvés sur le terrain confirment que l’audacieuse opération a été minutieusement préparée et exécutée.

En plein désert, loin des regards indiscrets et hors de la zone de couverture des radars, au lieu-dit Sinkrebaka (« bélier aux cornes tordues », en langue tamasheq), à quelque 200 km au nord de Gao.

Cette affaire du « Boeing de la coke » montre surtout que les trafiquants sud-américains, qui font transiter de la drogue par l’Afrique de l’Ouest avant son acheminement en Europe, sont passés à la vitesse supérieure, utilisant des moyens de plus en plus perfectionnés. Certains enquêteurs n’excluent pas une escale prélable de l’avion dans un pays africain de la région.

Pour le Bureau des Nations unies sur la drogue et le crime (ONUDC), il s’agit même d’une « nouvelle preuve du lien entre drogue, crime et terrorisme » dans cette région désertique du Mali, parcourue par des combattants islamistes, des rebelles touareg et des trafiquants en tout genre.

Le « tronc » de l’appareil n’est plus qu’un amas de ferraille. Les deux ailes de l’avion se sont détachées du corps.

La nuit tombée, des ombres se faufilent, avec scies ou autre matériel de fortune pour récupérer l’aluminium et autres métaux qui seront ensuite vendus aux forgerons locaux.

A proximité de l’épave, le reste de repas traditionnel touareg a été retrouvé, ce qui laisse penser que certains passent de longues heures à découper l’appareil.

Il y a quelques semaines, trois d’entre eux avaient d’ailleurs été arrêtés et transférés à Bamako pour y être interrogés. Ils étaient soupçonnés de vouloir détruire des preuves. Ils ont finalement été libérés.

Sur la piste de sable, des traces de véhicules sont encore visibles, peut-être ceux qui ont transporté la cocaïne et le reste du chargement. Selon une source proche du dossier, ils étaient immatriculés au Niger et un des cerveaux de l’opération se trouve d’ailleurs dans un pays frontalier du Mali.

« Nous restons persuadés, que l’avion transportait beaucoup d’autres produits prohibés. Les enquêtes sont en cours », assure une source sécuritaire étrangère rencontrée dans le nord du Mali.

Selon l’ONUDC, « les drogues n’enrichissent pas seulement le crime organisé. Les terroristes et les forces antigouvernementales dans le Sahel puisent des ressources du trafic de drogue pour financer leurs opérations, acheter des équipements et payer leurs troupes ».

La Mali a ouvert une information judiciaire. Interpol est sur la piste des narcotrafiquants. Selon cette source proche du dossier, « l’enquête doit progresser très rapidement. Nous sommes dans la dernière ligne droite ». Le « Boeing de la coke » va peut-être livrer ses secrets.

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