Politique

Somalie: des relations amoureuses contraires à la charia punies par le fouet

La police religieuse du groupe islamiste radical somalien les shebab a infligé le fouet à un homme accusé d’avoir tenté de séduire une femme non accompagnée et à un autre ayant eu recours au « mariage secret », a-t-on appris de source officielle lundi.

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Mis à jour le 11 janvier 2010 à 09:56

Somalie: des relations amoureuses contraires à la charia punies par le fouet © AFP

Ils ont reçu respectivement 15 et 39 coups de fouet devant une foule compacte à Kismayo (sud), une ville portuaire contrôlée depuis mi-2008 par les shebab qui y appliquent une forme très stricte de la loi islamique, la charia.

« L’un des jeunes hommes a été reconnu coupable de +mariage secret+, ce qui est illégal au regard de la loi islamique », a expliqué à l’AFP Cheikh Mohamed Moalim, un responsable shebab.

« L’autre a été pris sur le fait, en train de séduire une femme seule. Les deux ont plaidé coupable devant la cour et ont été châtiés en public » ce week-end, a-t-il ajouté.

Les rapports sexuels étant interdits avant le mariage, dont le coût est souvent prohibitif, des jeunes de certains pays musulmans ont parfois recours au « mariage secret », connu sous le nom de « Qudbosir » en Somalie.

Cette pratique, qui rend l’union invisible pour les parents du couple et parfois pour une autre épouse, est réprouvée dans la majeure partie de la Somalie mais pratiquée dans les régions du sud du pays.

« Le châtiment visait simplement à montrer que les gens seront tenus responsables de la transgression de la charia », a déclaré Cheikh Mohamed.

« Nous sommes ici pour corriger les comportements sociaux déviants et forcer la population à appliquer la charia de A à Z », a-t-il ajouté.

« De nombreux habitants sont venus voir les deux jeunes hommes se faire punir. Ils ont tous deux été fouettés dans le dos alors qu’ils faisaient face à la foule », a rapporté à l’AFP un habitant de Kismayo, Abdi Gure.

Les shebab, dont le chef a publiquement fait allégeance l’année dernière à Al-Qaïda et à son leader Oussama Ben Laden, ont également arrêté des femmes qui vendaient du khat, une plante euphorisante très prisée dans la Corne de l’Afrique.

Les vendeuses ont été accusées de vendre le khat dans le centre-ville alors que les shebab en ont limité le commerce dans des zones spécifiques de la périphérie.

La semaine dernière, la police religieuse des shebab avait arrêté plusieurs hommes, accusés d’avoir enfreint la charia pour avoir rasé leur barbe.