Politique

Attaque contre le Togo lors de la CAN-2010: deux arrestations au Cabinda

La police angolaise a arrêté deux personnes dans l’enclave du Cabinda après l’attaque meurtrière de vendredi contre l’équipe de football du Togo, qui s’est retirée de la Coupe d’Afrique des nations 2010, ont annoncé lundi les autorités.

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Mis à jour le 11 janvier 2010 à 17:18

Attaque contre le Togo lors de la CAN-2010: deux arrestations au Cabinda © AFP

« Deux personnes ont été arrêtées. Nous communiquerons dès que nous aurons plus d’informations », a déclaré sans donner d’autres détails le procureur de la province, Antonio Nito, dont les propos ont été diffusés lundi sur les ondes de la radio nationale angolaise.

Selon l’agence d’Etat Angop, il s’agit de deux séparatistes cabindais, « capturés sur les lieux » de la fusillade, sur la route de Massabi qui relie la province du Cabinda au Congo-Brazzaville.

Deux membres de l’encadrement des Eperviers sont décédés des suites de leurs blessures, après avoir été pris vendredi sous le feu des séparatistes alors que leur bus venait de pénétrer depuis le Congo-Brazzaville dans l’enclave du Cabinda, théâtre de troubles depuis l’indépendance de l’ancienne colonie portugaise en 1975.

Un gardien de but de la sélection togolaise, Kodjovi Obilalé, blessé durant l’attaque, a été déclaré lundi « complètement hors de danger » par l’un des chirurgiens qui l’ont opéré à Johannesburg, en Afrique du Sud, où il avait été transféré samedi.

« L’équipe médicale est satisfaite des progrès réalisés par M. Obilalé. Il restera cependant en soins intensifs », a déclaré à la presse le Dr Ken Boffard, de la clinique privée Milpark Hospital.

Ce dernier a précisé qu’il surveillerait ces prochains jours les risques d’infection, ajoutant que la balle ayant atteint le footballeur dans le bas du dos et à l’abdomen n’avait pas pu être extraite.

Les Forces de libération de l’Etat du Cabinda-Position militaire (Flec-PM), groupe né en 2003 d’une dissidence du principal mouvement séparatiste, le Front de libération de l’enclave du Cabinda (Flec), ont revendiqué cette action et menacé de mener d’autres attaques.

Malgré cet avertissement et les appels à annuler la compétition dans l’enclave riche en pétrole, les autorités angolaises et la Confédération africaine de football (CAF) ont décidé de poursuivre la compétition, qui s’est ouverte dimanche soir à Luanda sur un match nul 4-4 entre l’Angola et le Mali et doit s’achever fin janvier.

Le gouvernement a promis que la sécurité des équipes serait garantie, tant à Cabinda que dans les trois autres villes-hôtes, Luanda, Benguela et Lubango (sud-ouest).

Le Togo, qui devait disputer sa première rencontre de la CAN face au Ghana lundi à Cabinda, s’est retiré de la compétition. Le premier match dans cette ville a été maintenu lundi en fin d’après-midi au stade Chiazi mais opposera le Burkina Faso et la Côte d’Ivoire.

Les Eperviers ont quitté dimanche soir leur camp de base à Cabinda, emportant les corps des deux victimes de l’attaque, le chargé de communication Stanislas Ocloo et l’entraîneur-adjoint Abalo Amelete, à l’heure où commençait à Luanda la cérémonie d’ouverture de la CAN.

Le match d’ouverture entre l’Angola et le Mali a éclipsé officiellement l’attaque meurtrière de vendredi et ses suites: la presse d’Etat angolaise s’épanchait lundi sur la déconfiture des Palencas negras (les Antilopes noires) alors que le pays-hôte menait 4-0 jusqu’à la 78e minute.

La radio nationale, également contrôlée par l’Etat, s’est surtout penchée sur le discours du président angolais José Eduardo dos Santos, qui a souhaité avec la CAN-2010 un renforcement des liens entre les pays africains.