Politique

Soudan: Béchir quitte l’armée pour se conformer aux lois électorales

Le président soudanais Omar el-Béchir a annoncé lundi soir son départ de l’armée, dont il était le chef, afin de se conformer aux lois électorales et ainsi être candidat à sa succession lors des élections d’avril prochain.

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Mis à jour le 11 janvier 2010 à 20:26

Soudan: Béchir quitte l’armée pour se conformer aux lois électorales © AFP

« Le président el-Béchir a quitté lui-même ses fonctions de chef des forces armées. Il prend aussi sa retraite en tant qu’officier », a déclaré à l’AFP son porte-parole, Emad Saïd Ahmed.

« Il n’a pas encore nommé son successeur » à la tête de l’armée, a ajouté le porte-parole du président soudanais, premier chef d’Etat en exercice à faire l’objet d’un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale (CPI) qui l’accuse de crimes de guerre et crimes contre l’humanité au Darfour (ouest).

Dans un communiqué à l’agence de presse officielle Suna, M. Béchir dit se conformer à la loi sur les partis politiques pour expliquer son retrait de l’armée dont il était le chef depuis le coup d’Etat du 30 juin 1989 ayant renversé le gouvernement démocratique de Sadek al-Mahdi.

Selon la loi sur les partis politiques entrée en vigueur en février 2007, un membre d’une formation politique ne peut être à la fois affilié aux forces armées, juge ou diplomate.

M. Béchir est le candidat désigné par sa formation, le Parti du Congrès national (NCP), à l’élection présidentielle d’avril 2010. « Demain (mardi) sa candidature sera officiellement enregistrée » à la commission électorale, a indiqué son porte-parole, Emad Saïd Ahmed.

L’accord de paix global (CPA) ayant mis fin en janvier 2005 à plus de deux décennies de guerre civile entre le Nord, musulman, et le Sud, en grande partie chrétien, du Soudan prévoit la tenue d’élections – législatives, présidentielle et régionales – en avril prochain et d’un référendum en janvier 2011 sur la sécession du Sud-Soudan.

Plus de 70 partis politiques sont inscrits pour les élections d’avril, premier scrutin multipartite depuis 1986 dans le plus grand pays d’Afrique à cheval entre le monde arabe et l’Afrique subsaharienne.