Politique

Coupe d’Afrique des nations: deux arrestations au Cabinda après l’attaque contre le Togo

La police angolaise a arrêté deux personnes dans l’enclave du Cabinda (nord) après l’attaque meurtrière de vendredi contre l’équipe de football du Togo, qui s’est retirée de la Coupe d’Afrique des nations 2010, ont annoncé lundi les autorités.

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Mis à jour le 12 janvier 2010 à 08:19

Coupe d’Afrique des nations: deux arrestations au Cabinda après l’attaque contre le Togo © AFP

« Deux assaillants ont été capturés vendredi, l’un quelques minutes après l’action et le deuxième à la frontière alors qu’il cherchait à rentrer au Congo-Brazzaville », a déclaré à l’AFP le vice-gouverneur du Cabinda, Macario Lembe.

« Le premier a été blessé à la cuisse gauche par les forces de l’ordre qui ont riposté lorsqu’il tirait depuis un arbre sur le bus du Togo », a poursuivi M. Lembe, précisant que l’attaque avait été menée par cinq assaillants.

Deux membres de l’encadrement des Eperviers sont décédés des suites de leurs blessures, après avoir été pris vendredi sous le feu des séparatistes alors que leur bus venait de pénétrer depuis le Congo-Brazzaville dans l’enclave du Cabinda, théâtre de troubles depuis l’indépendance de l’Angola en 1975.

Un gardien de but de la sélection togolaise, Kodjovi Obilalé, blessé durant l’attaque, a été déclaré lundi « complètement hors de danger » par l’un des chirurgiens qui l’ont opéré à Johannesburg, où il avait été transféré samedi.

« L’équipe médicale est satisfaite des progrès réalisés par M. Obilalé. Il restera cependant en soins intensifs », a déclaré à la presse le Dr Ken Boffard, de la clinique privée Milpark Hospital.

Ce dernier a précisé qu’il surveillerait ces prochains jours les risques d’infection, ajoutant que la balle ayant atteint le footballeur dans l’abdomen n’avait pas pu être extraite.

Les Forces de libération de l’Etat du Cabinda-Position militaire (Flec-PM), nées en 2003 d’une dissidence du principal mouvement séparatiste, le Front de libération de l’enclave du Cabinda (Flec), ont revendiqué cette action et menacé de mener d’autres attaques.

Malgré la menace séparatiste et les appels à annuler la compétition dans cette enclave riche en pétrole, les autorités angolaises et la Confédération africaine de football (CAF) ont décidé de poursuivre la compétition, qui s’est ouverte dimanche soir à Luanda sur un match nul 4-4 entre l’Angola et le Mali.

Le gouvernement a promis que la sécurité des équipes serait garantie pendant les trois semaines du tournoi, tant à Cabinda que dans les trois autres villes-hôtes, Luanda, Benguela et Lubango (sud-ouest).

Les forces de l’ordre angolaises ont dressé lundi une véritable muraille autour du complexe de Cabinda où logent les équipes, espérant décourager toute velléité d’une nouvelle attaque.

Après la défaction de l’équipe du Togo, rapatriée dimanche soir en avion, la première rencontre de la CAN-2010 à Cabinda opposait lundi à 16H00 GMT le Burkina Faso et la Côte d’Ivoire.

L’Afrique du Sud, qui organise en juin-juillet la Coupe du monde de football, premier Mondial accueilli sur le continent, a promis qu’elle allait « tirer les leçons » de la fusillade du Cabinda.

« Mais nous demandons aux gens de ne pas confondre l’Afrique du Sud avec un autre pays », a déclaré le ministre de la Police Nathi Mthethwa. « Jugez l’Afrique du Sud sur ses propres avancées », a-t-il dit. « Nous sommes prêts à 100% ».