Politique

Coupe d’Afrique des nations: un 2e groupe rebelle cabindais revendique l’attaque contre le Togo

Un deuxième groupe indépendantiste du Cabinda a revendiqué mardi l’attaque meurtrière contre le convoi de l’équipe de football du Togo dans la province angolaise, appelant à une trève pendant le reste de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN-2010).

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Mis à jour le 12 janvier 2010 à 13:16

Coupe d’Afrique des nations: un 2e groupe rebelle cabindais revendique l’attaque contre le Togo © AFP

La nouvelle revendication émane du principal mouvement séparatiste de l’enclave pétrolifère, le Front de libération de l’Etat du Cabinda-Forces armées cabindaises (Flec-FAC).

« Nous ne sommes pas des terroristes, l’attaque n’était pas dirigée contre nos frères togolais. . . A chaque fois que les Forces armées cabindaises voient un convoi angolais, elles tirent », a assuré à l’AFP Jean-Claude N’Zita, conseiller du président du Flec-FAC, s’exprimant depuis la Suisse où il vit en exil.

Le bus de l’équipe togolaise avait été mitraillé pendant une vingtaine de minutes vendredi à son entrée au Cabinda, enclave angolaise coincée entre la République démocratique du Congo et le Congo-Brazzaville qu’un conflit séparatiste secoue depuis 35 ans.

Deux membres de la délégation togolaise, qui se rendait à Cabinda pour des matches de la CAN-2010, ont péri des suites de leurs blessures. Le Togo s’est retiré de la compétition.

L’attaque avait immédiatement été revendiquée par les Forces de libération de l’Etat du Cabinda-Position militaire (Flec-PM), des séparatistes dissidents.

« Ca n’engage que lui. Ce sont des opportunistes », a rétorqué M. N’Zita.

Le leader du Flec-PM, Rodrigues Mingas, a maintenu sa revendication. « C’est nous qui avons fait l’acte. Nous regrettons pour les pauvres Togolais qui ont été victimes. C’était une attaque contre les forces d’occupation angolaises », a-t-il redit mardi à l’AFP depuis la Belgique.

« C’est de la politique d’exilés », a commenté Alex Vines, spécialiste de l’Angola à l’institut londonien Chatham House. « Il est difficile de contrôler de l’extérieur » les différentes unités séparatistes, a-t-il ajouté, comparant l’histoire du Flec à une succession « de fragmentations et de divisions ».

L’attaque a suscité une forte réprobation internationale, la France ayant dénoncé un « acte inqualifiable » et l’Afrique du Sud « une attaque choquante et inacceptable ».

« Cet acte odieux n’est pas seulement un acte violent contre des civils innocents, c’est aussi une attaque contre les valeurs du sport », a renchéri lundi Wilfred Lemke, conseiller spécial pour le sport auprès du secrétaire général des Nations unies.

Le chef d’état-major du Flec-FAC, Miguel Boma, a prôné dans un communiqué une « attitude responsable par rapport à la CAN-2010 », promettant de s’abstenir « de tout acte de violence au Cabinda pendant son déroulement ».

La compétition a commencé dimanche à Luanda et lundi à Cabinda, où les mesures de sécurité ont été renforcées. Deux personnes ont été arrêtées dans l’enclave, accusées par les autorités d’être membres du commando capturés tout de suite après l’attaque vendredi.

A Johannesburg, le comité local de l’organisation de la Coupe du monde 2010 de football (11 juin-11 juillet) a renvoyé l’Angola à ses responsabilités.

« Depuis combien de temps sait-on qu’il y a des groupes séparatistes en Angola ? Qu’il y a un risque d’attaques terroristes ? On le savait. C’est pourquoi je dis que c’est la responsabilité du pays-hôte de gérer ces questions », a déclaré son chef, Danny Jordan, en marge d’une conférence de presse.