Politique

Centrafrique: organiser les élections 2010 « sur la base d’un consensus »

Les élections présidentielles et législatives prévues cette année en Centrafrique doivent être organisées « sur la base d’un consensus national », sans exclure leur report en cas de difficultés techniques ou sécuritaires, estime mardi l’institut d’analyse ICG.

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Mis à jour le 12 janvier 2010 à 15:57

Centrafrique: organiser les élections 2010 « sur la base d’un consensus » © AFP

« L’organisation d’élections sur la base d’un consensus national devrait être la priorité des premiers mois de l’année 2010 », affirme ICG (International Crisis Group), dans une analyse reçue par l’AFP à Libreville.

Les autorités centrafricaines n’ont annoncé aucune date pour ces scrutins, en prévision desquels a été créée fin août 2009, par décret présidentiel, une Commission électorale indépendante (CEI).

« La CEI, le gouvernement et les donateurs doivent oeuvrer à la tenue d’élections en avril », soutient aussi ICG dans son analyse intitulée « Relancer le dialogue politique en République centrafricaine », pays qui tente de mener à son terme un processus de paix, après plusieurs années d’instabilité politico-militaire.

Dans un rapport sur la Centrafrique publié en décembre, le secrétaire général de l’ONU a indiqué que les élections « doivent se tenir avant la fin avril 2010 pour être constitutionnelles ».

« Si les progrès des préparatifs techniques et de la situation sécuritaire sont jugés insuffisants au mois de mars, les acteurs nationaux devraient alors envisager un report des élections. Le gouvernement devra alors engager un dialogue avec les rebelles, les leaders d’opposition et la société civile, afin de trouver un accord préalable sur le processus permettant d’éviter un vide constitutionnel, si un report était nécessaire », ajoute ICG.

Selon l’institut, le président actuel, François Bozizé, et ses proches font preuve d’ »intransigeance » et refusent d’appliquer des décisions issues du Dialogue politique inclusif, forum sur la paix ayant rassemblé en décembre 2008 à Bangui des représentants du pouvoir, de l’opposition, de mouvements rebelles et de la société civile de Centrafrique.

« L’échec du président François Bozizé et son entourage à concrétiser les engagements » pris lors du Dialogue « risque d’aggraver la situation sécuritaire » et nuire au processus de réconciliation en cours, prévient-il.

Les dernières élections générales en Centrafrique ont été organisées en mai 2005. François Bozizé, ayant renversé deux ans plus tôt le président Ange-Félix Patassé, a remporté la présidentielle, et sa coalition une majorité relative aux législatives.

Selon l’ONU, le budget programmé par Bangui et les contributions promises par l’Union européenne (UE) pour les scrutins de 2010, totalisent un peu plus de 7 millions d’euros, alors que fin 2009, le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) avait déjà débloqué 365. 000 dollars (255. 000 euros) en faveur de la CEI.