Politique

Zimbabwe: reprise du procès de Roy Bennett, un proche du Premier ministre

Le procès pour « terrorisme » de Roy Bennett, un proche du Premier ministre Morgan Tsvangirai, a repris mardi à Harare avec le témoignage d’un témoin clé du ministère public qui est revenu sur ses précédentes déclarations.

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Mis à jour le 12 janvier 2010 à 18:32

Zimbabwe: reprise du procès de Roy Bennett, un proche du Premier ministre © AFP

Selon le procureur, M. Bennett aurait entre 2002 et 2006 versé 5. 000 dollars (3. 300 euros) à Peter Hitschmann, témoin clé du ministère public, pour acheter des armes en vue de renverser le président Robert Mugabe en 2006.

Après avoir passé en revue une série d’armes présentées comme preuve, M. Hitschmann a déclaré mardi n’en reconnaître que deux, officiellement déclarées, et qu’il n’avait jamais rencontré Roy Bennett.

La police a « dit qu’il y avait un lien entre l’accusé et moi-même et prétendu que l’accusé et moi-même communiquions dans le but de commettre des actes de sabotage », a affirmé cet ancien policier, réfutant toutes ces accusations.

Le procureur Johannes Tomana a demandé au tribunal d’accuser M. Hitschmann de faux témoignage, ses propos contredisant de précédentes déclarations faites à la police. Selon les avocats de Roy Bennett, le témoin avait été torturé pour obtenir ces aveux.

Le procès, débuté le 9 novembre, avait été reporté le 27 novembre en raison de l’absence de M. Hitschmann.

Roy Bennett, un ancien fermier blanc et trésorier du parti de M. Tsvangirai, a été arrêté en février juste avant de prêter serment en tant que vice-ministre de l’Agriculture au sein du nouveau gouvernement d’union nationale. Il a été relâché un mois plus tard.

Sa nouvelle et brève mise en détention mi-octobre a provoqué la plus grave crise depuis la formation de la coalition entre MM. Mugabe et Tsvangirai, le Premier ministre ayant en réaction suspendu durant trois semaines tout contact avec le camp présidentiel.

Les deux hommes ont formé un gouvernement pour sortir le pays d’une grave crise née de la défaite historique du régime aux élections de mars 2008.