Politique

Nigeria: trois Britanniques et un Colombien enlevés dans le sud

Trois Britanniques et un Colombien ont été kidnappés mardi matin dans le sud du Nigeria, les premiers enlèvements depuis six mois dans la région pétrolifère du pays qui font craindre une reprise de la violence dans cette zone stratégique.

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Mis à jour le 12 janvier 2010 à 18:13

Nigeria: trois Britanniques et un Colombien enlevés dans le sud © AFP

Selon une source sécuritaire, les quatre hommes ont été kidnappés vers 07H30 locales (06H30 GMT) près de la ville de Port-Harcourt, capitale de l’Etat de Rivers.

Un porte-parole de la police interrogée par l’AFP, Rita Abbey, a indiqué de son côté que le policier qui les escortait a été tué dans l’embuscade et le chauffeur a été blessé.

Interrogé par l’AFP, la compagnie Shell Nigeria a confirmé que les quatre personnes travaillent pour la société Netco Diestman, un sous-traitant de la multinationale, et que leur convoi avait été attaqué alors qu’ils se rendaient sur le site d’une centrale électrique du groupe anglo-néerlandais, Afam 6.

Shell « coopère avec les autorités et la société sous-traitante pour obtenir leur libération », selon la même source.

Le dernier enlèvement de travailleurs expatriés dans le sud du Nigeria remonte à juillet 2009.

A l’époque, le président Umaru Yar’adua avait proposé une amnistie aux groupes armés opérant dans le delta du Niger pour faire cesser les violences et les enlèvements. Et en quelques mois environ 15. 000 militants avaient déposé les armes dans l’espoir de recevoir une formation et trouver un travail.

En octobre dernier, le Mouvement pour l’émancipation du delta du Niger (Mend), principal groupe armé du sud du Nigeria, avait décrété un cessez-le-feu illimité pour « encourager le dialogue » avec le gouvernement.

Le Mend, dont les opérations depuis 2006 ont fait chuter d’environ un tiers la production pétrolière nationale, expliquait alors avoir pris cette décision en raison de « la volonté exprimée par le gouvernement fédéral d’engager un dialogue sérieux (. . . ) en vue d’arriver à une paix durable dans le delta du Niger ».

Du côté des compagnies étrangères, qui dépensent des millions de dollars pour la sécurité de leurs personnels et de leurs installations, on se prenait alors à entrevoir la fin du cauchemar, même si de nombreux analystes restaient extrêmement prudents sur les chances réelles de pacification du Delta du Niger, une région traditionnellement négligée par les autorités fédérales.

L’absence pour raisons médicales du président depuis un mois et demi risque, selon plusieurs observateurs, de tout remettre en cause et de relancer à terme la violence dans le delta du Niger, car le processus d’amnistie est actuellement au point mort et la grogne monte parmi les mouvements qui avaient accepté l’offre.

Face aux attaques incessantes des groupes armés, responsables du déclin de la production de brut (environ 1,7 millions de barils/jour contre 2,6 en 2006), le président Yar’Adua s’était résolu en juin à offrir une amnistie. Il avait même par la suite accepté de rencontrer à la présidence des chefs rebelles qui avaient accepté de déposer les armes.

Ainsi vendredi dernier, un oléoduc de la société pétrolière américaine Chevron a été attaqué.

Le MEND a indiqué qu’il n’était pas derrière l’attaque mais « l’approuvait ».

Confirmant l’attaque contre l’oléoduc Makaraba-Utonana dans l’Etat du Delta, un porte-parole de Chevron, Scott Walker avait indiqué qu’elle avait entraîné une perte de 20. 000 barils par jour.