Politique

Guinée: Dadis Camara « en convalescence » au Burkina, inquiétudes sur son retour

Le chef de la junte guinéenne, le capitaine , est arrivé mardi soir au Burkina Faso pour y poursuivre sa « convalescence » après avoir été hospitalisé plus d’un mois au Maroc à la suite de sa tentative d’assassinat du 3 décembre.

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Mis à jour le 13 janvier 2010 à 13:33

Guinée: Dadis Camara « en convalescence » au Burkina, inquiétudes sur son retour © AFP

Mais l’hypothèse d’un retour en Guinée alors que le pays tente de sortir de la crise provoquée par le massacre de plus de 150 opposants le 28 septembre à Conakry, suscite des inquiétudes de la communauté internationale, notamment des Etats-Unis.

« Après plus d’un mois de traitement (au Maroc), et compte-tenu de l’évolution de son état de santé, (Dadis Camara) est arrivé à Ouagadougou y poursuivre sa convalescence », a indiqué mercredi le ministre burkinabè des Affaires étrangères, laissant ainsi entendre qu’il devrait y rester un certain temps.

Le président burkinabè Blaise Compaoré et médiateur dans la crise guinéenne l’a rencontré dans la nuit de mardi à mercredi, selon la présidence du Burkina.

Le chef de la junte, gravement blessé par balle à la tête par son propre aide de camp le 3 décembre, n’a fait aucun discours public depuis cette date.

Interrogé pour savoir s’il allait rester au Burkina ou s’il était seulement en transit vers un autre pays, une source à la présidence burkinabè avait répondu mardi soir: « on ne sait pas encore, c’est lui qui va nous dire. Pour l’instant, il ne nous a rien dit » à ce sujet.

« Tout effort de la part de Dadis de retourner en Guinée nous préoccuperait », a très vite réagi à Washington un responsable du Département d’Etat.

Le 22 décembre, devant l’Assemblée nationale française, le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner avait souhaité « que M. Dadis Camara reste dans son lit au Maroc et non qu’il revienne » en Guinée « car il serait capable – rien que son retour – de déclencher une guerre civile et on n’en a pas besoin ».

Mais mercredi, de nombreuses questions restaient sans réponse. Le chef de la junte est-il parti volontairement du Maroc ou a-t-il été expulsé par Rabat? A-t-il choisi d’aller au Burkina Faso ou souhaitait-il rentrer au pays? Est-il apte, après ses graves blessures, à reprendre son poste?

Son retour est d’autant moins souhaité par ses adversaires que le président intérimaire, le général Sékouba Konaté, avait suscité un grand espoir de sortie de crise lors d’un important discours le 6 janvier, en se démarquant nettement du capitaine-putschiste.

Il avait annoncé que le Premier ministre de la transition serait « issu de l’opposition » et « désigné par elle-même ». Mais à ce jour, les opposants n’ont pas réussi à choisir une personne pour occuper ce poste stratégique avant l’organisation d’élections générales.

Le président intérimaire devait quitter Conakry dans la journée de mercredi pour se rendre à Ouagadougou et rencontrer le chef de la junte. Le résultat de cette rencontre sera déterminant pour connaître les intentions du capitaine Dadis Camara.

Mardi après-midi, le général Konaté avait de nouveau appelé l’armée à aller « vers la démocratie », une « démocratie à l’image de celle prônée par la communauté internationale » pour sortir de la crise dans laquelle est plongé le pays.

Il avait également évoqué de mystérieuses menaces. « Il faut que nous soyons unis, vigilants parce qu’il y a l’ennemi intérieur qui cherche à nous diviser et qu’il y a l’ennemi extérieur en liaison avec l’ennemi intérieur », a-t-il poursuivi sans autre précision.

Avant de conclure: « c’est notre union qui peut nous rendre fort, nous devons être vigilants partout où nous sommes pour pouvoir répondre à toute éventualité ».