Politique

Niger: l’opposition propose une transition politique pour sortir de la crise

L’opposition nigérienne a souhaité mercredi que le dialogue entamé en décembre avec le pouvoir sous la médiation ouest-africaine, débouche sur une période de transition et l’élection de nouvelles institutions démocratiques.

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Mis à jour le 13 janvier 2010 à 16:49

Niger: l’opposition propose une transition politique pour sortir de la crise © AFP

« Il n’y a pas d’autres solutions en dehors d’une transition pendant laquelle une nouvelle Constitution sera élaborée », a déclaré à la presse Amadou Boubacar Cissé, chef de la délégation de l’opposition au dialogue inter-nigérien.

Cette période de transition, dont la durée n’est pas connue, « doit permettre de revenir pacifiquement à l’ordre constitutionnel normal », a estimé M. Cissé, un ex-Premier ministre.

En plus d’une Constitution « consensuelle », la transition serait également chargée de définir un calendrier pour des élections présidentielle, législatives et municipales, a indiqué à l’AFP une autre source proche de l’opposition.

Un gouvernement d?union nationale et un Conseil de transition ayant les prérogatives d’un Parlement seraient mis en place pour conduire la transition, a ajouté cette source sous couvert d’anonymat.

Après dix ans de pouvoir, le président Mamadou Tandja a obtenu une prolongation controversée de son mandat à l’issue d’un référendum constitutionnel le 4 août.

Son deuxième quinquennat, qui expirait le 22 décembre, a été prolongé d’au moins trois ans.

Ce référendum, boycotté par l’opposition, lui a valu de nombreuses critiques internationales, d’autant qu’il avait auparavant dissous le parlement et la Cour constitutionnelle, opposés à son projet.

La tenue des élections législatives boycottées par l’opposition, a entraîné la suspension du Niger par la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao), et l’Union européenne a suspendu son aide au développement.

Un dialogue direct entre pouvoir et opposition a été entamé le 21 décembre sous la médiation de la Cédéao.

Mercredi devant les ambassadeurs étrangers, M. Tandja a dénoncé des « ingérences » étrangères dans la crise politique qui secoue son pays depuis des mois.

La veille, il a affiché sa détermination à « parachever » la mise en place de toutes les institutions prévues par la nouvelle Constitution.