Politique

Guinée: entretien Dadis Camara/Konaté/Compaoré à Ouagadougou

Le chef de la junte guinéenne, Moussa Dadis Camara, le dirigeant intérimaire de la Guinée, le général Sékouba Konaté, et le président burkinabè Blaise Compaoré avaient un entretien commun jeudi à Ouagadougou, a-t-on appris auprès de la présidence burkinabè.

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Mis à jour le 14 janvier 2010 à 11:27

Guinée: entretien Dadis Camara/Konaté/Compaoré à Ouagadougou © AFP

« Les trois hommes sont en train de discuter » au palais présidentiel de Ouagadougou, a affirmé une source à la présidence.

Cette rencontre entre MM. Camara, Konaté et Compaoré, médiateur dans la crise guinéenne, se tenait « sans leurs collaborateurs », a-t-on précisé.

Selon des journalistes locaux, une première rencontre entre les trois hommes a déjà eu lieu mercredi soir à Ouagadougou, peu après l’arrivée du général Sékouba Konaté en provenance de Conakry. Aucune information n’a filtré de cette rencontre.

Le capitaine Moussa Dadis Camara est arrivé par surprise mardi soir au Burkina Faso pour y poursuivre sa « convalescence » après avoir été hospitalisé plus d’un mois au Maroc à la suite d’une grave blessure à la tête consécutive à une tentative d’assassinat le 3 décembre.

L’hypothèse d’un retour du capitaine Camara en Guinée, alors que le pays tente de sortir de la grave crise provoquée par le massacre de plus de 150 opposants fin septembre dans un stade de Conakry, suscite des inquiétudes de la communauté internationale, notamment des Etats-Unis, et de la population à Conakry.

« Le retour de Dadis Camara dans les conditions actuelles risque de provoquer une guerre civile en Guinée », avait indiqué mercredi le responsable de la branche guinéenne de la Rencontre africaine pour la défense des droits de l’Homme (Raddho) Mamadi Kaba.

« Il faut que les communautés africaine et internationale se mobilisent et prennent leur responsabilité pour empêcher Dadis de retourner en Guinée », avait-il ajouté.

Le président intérimaire, le général Sékouba Konaté, s’était nettement démarqué du capitaine Camara et avait suscité un espoir de sortie de crise dans un discours le 6 janvier, en annonçant que le Premier ministre de la transition serait « issu de l’opposition » et « désigné par elle-même ».