Politique

Guinée: exil ou retour de Dadis Camara? Réunion au sommet à Ouagadougou

Une importante réunion se tenait jeudi à Ouagadougou pour décider du maintien en exil ou du retour en Guinée du chef de la junte, le capitaine Moussa Dadis Camara, blessé par balle à la tête lors d’une tentative d’assassinat le 3 décembre.

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Mis à jour le 14 janvier 2010 à 14:41

Guinée: exil ou retour de Dadis Camara? Réunion au sommet à Ouagadougou © AFP

Elle réunit au palais présidentiel le principal intéressé, le capitaine Camara, arrivé mardi soir par surprise au Burkina après avoir été hospitalisé plus d’un mois au Maroc, le dirigeant intérimaire de la Guinée, le général Sékouba Konaté, et le président burkinabè Blaise Compaoré.

« Les trois hommes sont en train de discuter, sans leurs collaborateurs », a affirmé à l’AFP une source à la présidence. Le président Compaoré joue le rôle de médiateur dans la crise guinéenne.

Selon des journalistes locaux, une première rencontre entre les trois hommes avait déjà eu lieu mercredi soir à Ouagadougou, peu après l’arrivée du général Konaté en provenance de Conakry. Aucune information n’a filtré de cette rencontre.

Plusieurs questions doivent être discutées lors de cette rencontre capitale pour l’avenir de ce pays instable d’Afrique de l’Ouest, plongé dans une grave crise depuis le coup d’Etat militaire du 23 décembre 2008 et le massacre de plus de 150 opposants, selon l’ONU, le 28 septembre à Conakry.

Le capitaine-putschiste peut-il, doit-il revenir en Guinée, au risque de déclencher des troubles? S’il est maintenu en exil, restera-t-il au Burkina Faso ou ira-t-il dans un autre pays? Qui acceptera ce dirigeant mis au ban de la communauté internationale depuis la répression sanglante du 28 septembre?

Une source proche du pouvoir militaire de Conakry croit savoir qu’il « est hors de question que le président de la junte revienne en Guinée » et qu’il faut « trouver un pays d’asile pour Dadis Camara après sa convalescence » à Ouagadougou.

« Le retour de Dadis Camara dans les conditions actuelles risque de provoquer une guerre civile en Guinée », avait indiqué mercredi à l’AFP le responsable de la branche guinéenne de la Rencontre africaine pour la défense des droits de l’Homme (Raddho), Mamadi Kaba.

La communauté internationale soutient pour sa part le chef intérimaire de la junte, le général Konaté, qui s’est dit prêt à partager le pouvoir avec l’opposition lors d’une période de transition devant mener à des élections présidentielle et législatives.

Le 6 janvier, le général Konaté, également ministre de la Défense, avait annoncé que le Premier ministre de la transition serait « issu de l’opposition » et « désigné par elle-même ».

« J’invite à tout faire pour ne pas imposer au pays une attente longue et interminable », avait-il alors insisté. « Le pays ne peut continuer à attendre et souffrir davantage. La communauté internationale nous presse de hâter le pas et attend de notre part des progrès significatifs », avait-il poursuivi.

Mais une semaine après, les Forces vives (opposition, syndicats et société civile) ne s’étaient toujours pas mis d’accord sur un nom. Cette difficulté à trouver un consensus rapide illustre, selon de nombreux observateurs, les divisions traversant les opposants à la junte.