Politique

Des leaders d’Afrique australe discutent de Madagascar et du Zimbabwe

Cinq chefs d’Etat d’Afrique australe et d’autres représentants régionaux se sont réunis jeudi soir au Mozambique pour discuter de la situation à Madagascar, englué depuis un an dans un imbroglio politique, et faire le point sur les avancées du gouvernement d’union au Zimbabwe.

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Mis à jour le 14 janvier 2010 à 21:05

Des leaders d’Afrique australe discutent de Madagascar et du Zimbabwe © AFP

« Nous voulons saluer le dialogue et les progrès enregistrés au Zimbabwe entre les parties » participant au gouvernement d’union nationale, a déclaré le chef de l’Etat mozambicain Armando Guebuza qui préside l’organe de sécurité et de défense de la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC).

« Nous saluons également les efforts du médiateur de la SADC, le président Zuma, pour appliquer les décisions de notre organisation régionale », a-t-il poursuivi devant les présidents sud-africain Jacob Zuma, zambien Rupiah Banda, namibien Hifikepunye Pohamba et congolais Joseph Kabila ainsi que des représentants du Lesotho et du Swaziland.

Le président zimbabwéen Robert Mugabe, qui a assisté à la prestation de serment de M. Guebuza, ne participait pas à ce sommet régional.

« Il s’agit d’une réunion régionale de la troïka (Mozambique, Swaziland et Zambie) et nous n’en sommes pas membre. Nous sommes rentrés chez nous. D’autres leaders partaient en même temps que nous », a expliqué à l’AFP à Harare le porte-parole de la présidence, George Charamba.

A l’issue de négociations sous l’égide de la SADC, M. Mugabe et son ancien rival Morgan Tsvangirai ont formé en février 2009 un gouvernement d’union nationale pour sortir le pays d’une grave crise née de la défaite historique du parti présidentiel aux élections générales de mars 2008.

Leur collaboration a permis d’obtenir des avancées, notamment économiques dans ce pays en ruine, mais le climat est toujours resté tendu entre les deux hommes.

Les chefs d’Etat avaient prévu de longue date de se retrouver à Maputo ce jeudi pour la prestation de serment du président Armando Guebuza, réélu en octobre pour un second mandat avec plus de 75 % des suffrages.

« Les résultats de l’élection montrent que, au Mozambique, la lutte contre la pauvreté transcende les affiliations partisanes », a déclaré M. Guebuza lors de la cérémonie, en promettant de renforcer son action dans ce domaine.

En revanche, le mini-sommet régional n’a été annoncé que 24 heures à l’avance. Il a surtout pour objectif de discuter de la sécurité en Afrique australe, notamment à Madagascar.

Secouée par des crises à répétition depuis les années 70, la Grande Ile a de nouveau plongé dans le désordre fin 2008. Des manifestations populaires, émaillées de violences, ont secoué l’île pendant plusieurs semaines.

En mars, le président Marc Ravalomanana a finalement transmis les pouvoirs à un directoire militaire, qui les a immédiatement remis à Andry Rajoelina, ex-maire de la capitale Antananarivo.

Pour sortir de cet imbroglio, des négociations ont été menées sous l’égide de l’Union africaine (UA). Ces tractations, laborieuses, avaient permis d’esquisser un scénario de sortie de crise, avec la mise en place d’institutions transitoires jusqu’à une élection présidentielle fin 2010.

Mais le 18 décembre, Andry Rajoelina a mis cet édifice à bas: il a annulé la nomination d’un Premier ministre consensuel pour désigner unilatéralement son chef de gouvernement –le colonel Albert Camille Vital, un militaire en retraite– et annoncé la tenue d’élections législatives le 20 mars.