Politique

Au moins deux morts dans des échauffourées entre police et musulmans

Au moins deux personnes ont été tuées vendredi lorsque les forces kenyanes ont tiré à balles réelles et avec des gaz lacrymogènes pour disperser plusieurs dizaines de manifestants qui réclamaient à Nairobi la libération d’un imam radical jamaïcain, a indiqué une source hospitalière.

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Mis à jour le 15 janvier 2010 à 16:49

Au moins deux morts dans des échauffourées entre police et musulmans © AFP

Un médecin d’une clinique de Nairobi a déclaré que plusieurs personnes avaient été hospitalisées. « Vous pouvez voir que l’une d’entre-elles est morte et son corps est allongé ici. Un autre est décédé sur le chemin de l’hôpital », a-t-il ajouté.

« Nous avons soigné de nombreuses personnes ici (. . . ) vous pouvez même voir que ceux qui sont allongés ici (. . . ) ont reçu des blessures par balles », a déclaré ce responsable sous couvert d’anonymat.

Au moins cinq personnes ont été tuées, a affirmé un responsable musulman kenyan, mais ce bilan ne pouvait être confirmé dans l’immédiat par des sources Policières ou médicales.

Les heurts ont commencé en début d’après-midi, aux abords de la mosquée al-Jammiah, en plein centre-ville de Nairobi, un moment survolé par un hélicoptère de la police.

Les manifestants brandissaient des pancartes réclamant la libération de l’imam Abdullah al-Faisal, 45 ans, qui avait été arrêté en 2003 au Royaume-Uni pour avoir appelé dans ses prêches à tuer des Juifs, des Hindous et des Occidentaux et condamné à une peine de quatre ans prison.

« Nous voulons Faisal! », « Pas de Faisal, pas de paix! », scandaient les protestataires, dont l’un d’entre eux portait à bout de bras une photo d’Oussama Ben Laden.

Occupant la rue donnant accès à la principale entrée de la mosquée, en jellaba ou le visage masqué par un keffieh, ils lançaient des pierres sur les quelque dizaines de militaires et policiers déployés sur place, qui ripostaient de la même façon ou par des tirs de grenade lacrymogène.

Des soldats ont ouvert le feu à balles réelles, en l’air mais également en direction des manifestants et de la mosquée.