Politique

Guinée: accord signé, Dadis reste en exil, présidentielle dans six mois

Un accord de sortie de crise en Guinée a été signé vendredi à Ouagadougou, prévoyant un maintien « en convalescence » à l’étranger du chef de la junte, le capitaine Moussa Dadis Camara, et la tenue d’une présidentielle dans « six mois ».

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Mis à jour le 15 janvier 2010 à 19:38

Guinée: accord signé, Dadis reste en exil, présidentielle dans six mois © AFP

Après deux jours de difficiles tractations, l’accord a été signé par le capitaine Camara, le président intérimaire le général Sékouba Konaté et le médiateur dans la crise guinéenne, le président burkinabè Blaise Compaoré, a constaté l’AFP.

Le chef de la junte, blessé à la tête par balle lors d’une tentative d’assassinat le 3 décembre, « prend librement un temps de convalescence tout en restant disponible pour apporter sa contribution aux acteurs de la transition », selon le texte qui ne précise pas s’il restera au Burkina.

L’accord prévoit la création d’un « conseil national de transition (CNT), organe politique délibérant, dirigé par une personnalité religieuse », la mise en place d’un « gouvernement d’union » dirigé par un « Premier ministre, président du conseil des ministres, issu du Forces vives » (opposition, syndicats et société civile), et l’organisation d’une élection présidentielle « dans six mois ».

Le document prévoit également que « les membres du Conseil national de transition, le chef d’Etat de transition, les membres du CNDD (Conseil national pour la démocratie et le développement, junte), le Premier ministre, les membres du gouvernement d’union nationale et les membres de forces de défense et de sécurité en activité » ne participeront pas à ce scrutin

Il prévoit aussi, sans plus de précision, « le recours à des observateurs civils et militaires de la Cédéao », la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest.

Cet accord intervient après de difficiles tractations de haut niveau entamées mercredi soir à Ouagadougou sur le sort du capitaine Camara, une question capitale pour une sortie de crise de ce pays instable d’Afrique de l’Ouest.

Ce dernier est arrivé d’une manière inopinée mardi soir dans la capitale burkinabè, après plus d’un mois d’hospitalisation au Maroc à la suite d’une blessure par balle à la tête lors d’une tentative d’assassinat le 3 décembre par son aide de camp.

Reflétant la position de la communauté internationale, les Etats-Unis ont souhaité jeudi que le président Compaoré « persuade » le chef de la junte de ne pas retourner en Guinée.

Née du coup d’Etat du 23 décembre 2008, la crise dans ce pays, premier exportateur mondial de bauxite, s’était brutalement aggravée avec la répression sanglante d’une manifestation de l’opposition le 28 septembre dans un stade de Conakry ayant fait, selon l’ONU, plus de 150 morts.

La communauté internationale soutient le chef intérimaire de la junte, le général Konaté, qui s’est dit prêt à partager le pouvoir avec l’opposition lors d’une période de transition devant mener à des élections présidentielle et législatives.

Le 6 janvier, le général Konaté, également ministre de la Défense, avait annoncé que le Premier ministre de la transition serait « issu de l’opposition » et « désigné par elle-même ».

La France a appelé vendredi les Forces vives guinéennes « à désigner rapidement un Premier ministre ».

« La France, avec tous ses partenaires, Africains en particulier, ne ménagera aucun effort pour que la Guinée puisse mener à son terme et réussir la transition en cours », a déclaré lors d’un point de presse le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, Bernard Valero.

Il a précisé que la France « était en contact régulier avec le président (burkinabè) Blaise Compaoré.