Politique

Guinée: accord signé, Dadis reste en exil, présidentielle dans six mois

Un accord de sortie de crise en Guinée a été signé vendredi à Ouagadougou, prévoyant un maintien « en convalescence » à l’étranger du chef de la junte, le capitaine Moussa Dadis Camara, et la tenue d’une présidentielle dans « six mois ».

Par
Mis à jour le 15 janvier 2010 à 20:26

Guinée: accord signé, Dadis reste en exil, présidentielle dans six mois © AFP

Après deux jours de difficiles tractations, l’accord a été signé par le capitaine Camara, le président intérimaire le général Sékouba Konaté et le médiateur dans la crise guinéenne, le président burkinabè Blaise Compaoré, a constaté l’AFP.

Dans le même temps, les opposants à la junte, incapables de s’entendre, ont proposé deux noms au poste de Premier ministre de transition: l’opposant Jean-Marie Doré et la leader syndicaliste Rabiatou Sérah Diallo. Ils laissent ainsi le choix au général Konaté de le désigner à leur place.

Le chef de la junte, blessé à la tête par balle lors d’une tentative d’assassinat le 3 décembre, « prend librement un temps de convalescence tout en restant disponible pour apporter sa contribution aux acteurs de la transition », selon le texte de l’accord qui ne précise pas s’il restera au Burkina.

La communauté internationale, France et Etats-Unis en tête, redoutait plus que tout un retour en Guinée du capitaine Camara, mis en cause avec d’autres par des enquêteurs de l’ONU pour sa participation au massacre de plus de 150 opposants le 28 septembre à Conakry.

L’accord prévoit aussi la création d’un « conseil national de transition (CNT), organe politique délibérant, dirigé par une personnalité religieuse », la mise en place d’un « gouvernement d’union » dirigé par un « Premier ministre, président du conseil des ministres, issu du Forces vives » (opposition, syndicats et société civile), et l’organisation d’une élection présidentielle « dans six mois ».

Le document prévoit également que « les membres du Conseil national de transition, le chef d’Etat de transition, les membres du CNDD (Conseil national pour la démocratie et le développement, junte), le Premier ministre, les membres du gouvernement d’union nationale et les membres de forces de défense et de sécurité en activité » ne participeront pas à ce scrutin crucial.

Il prévoit aussi, sans plus de précision, « le recours à des observateurs civils et militaires de la Cédéao », la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest.

Cet accord intervient après de difficiles tractations de haut niveau entamées mercredi soir à Ouagadougou.

Le capitaine Camara était arrivé d’une manière inopinée mardi soir dans la capitale burkinabè, après plus d’un mois d’hospitalisation au Maroc à la suite d’une blessure par balle à la tête lors d’une tentative d’assassinat par son propre aide de camp.

La communauté internationale soutient le chef intérimaire de la junte qui s’est dit prêt à partager le pouvoir avec l’opposition. Le 6 janvier, il avait annoncé que le Premier ministre de la transition serait « issu de l’opposition » et « désigné par elle-même ».

« Dans la mesure où nous n’arrivons pas à nous entendre sur une candidature unique des Forces vives, nous avons proposé deux candidats », a déclaré vendredi à l’AFP M. Mamadou Bah Baadiko, président de l’Union des forces démocratiques (UFD).

Il a toutefois tenu à dédramatiser: « ce n’est pas méchant tout cela, le général Konaté aura à choisir entre les deux candidatures dans la sportivité ».

Pour le porte-parole des Forces vives et candidat au poste de Premier ministre, Jean-Marie Doré, le général Konaté « aura désormais les coudées franches pour entamer les réformes et achever la transition dans la paix »,