Politique

A Cabinda, la ville défile contre le terrorisme et pour la paix

Chefs traditionnels, membres des autorités locales, jeunes footballeurs, volontaires de la CAN-2010 (Coupe d’Afrique des nations), Cabinda a défilé en fanfare samedi contre le terrorisme et pour la paix après l’attaque du bus du Togo.

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Mis à jour le 16 janvier 2010 à 12:05

A Cabinda, la ville défile contre le terrorisme et pour la paix © AFP

« En cette année de l’Afrique, nous voulons la paix, la tranquillité, le développement pour que le pays avance », déclare avec emphase à l’AFP le gouverneur Jean-Baptise Mawete, qui devance un cortège d’un gros millier d’habitants.

« Personne n’est menacé ici et cette marche permet de dire au monde que l’Angola fait partie du concert des nations et vit en paix », dit-t-il.

Derrière lui, la foule bigarrée avance joyeusement au son de la fanfare.

Les banderoles sont sans équivoque: « Le sport unit les nations », « Le peuple du Cabinda est solidaire du peuple du Togo ».

Des séparatistes, qui militent pour l’indépendance de l’enclave pétrolière du Cabinda (nord) ont mitraillé le 8 janvier le convoi de l’équipe nationale de football du Togo, faisant deux morts dans la délégation qui se rendait à la CAN-2010).

Une semaine après cette attaque, les autorités locales, qui ont appelé à la manifestation, ont mobilisé les populations pour tenter d’améliorer l’image de l’enclave.

Juste derrière la presque totalité des membres du gouvernement provincial, on trouve les vieux chefs traditionnels en uniforme kaki.

« C’est important de s’afficher contre cet acte ignoble qui véhicule depuis une semaine une certaine image du Cabinda », explique André Kuenga, coordinateur du Forum cabindais pour le dialogue (FCD), organe progouvernemental constitué d’ex-rebelles et de membres de la société civile.

« C’est important de montrer que le peuple est pacifiste et n’adhère pas aux théories terroristes », souligne-t-il.

Plus loin, les femmes du MPLA, le parti au pouvoir, marchent tranquillement, fichu jaune sur la tête et tee-shirt rouge sur les épaules. En queue de cortège, un infirme essaie tant bien que mal de suivre, avec sa béquille à laquelle il manque le bout.

« Les habitants de Cabinda ont choisi de manifester contre le terrorisme. C’est important car on a besoin de la paix », témoigne Antonio Juan qui, comme de nombreuses personnes, agite un petit drapeau à l’effigie du président angolais José dos Santos.

Pourtant, certains semblent arrivés là par hasard, comme ces jeunes enfants du Sporting Clube de Cabinda, venus avec le maillot vert de blanc de l’équipe locale de football.

« On nous a dit hier de venir marcher avec le gouverneur mais on ne sait pas trop pourquoi », déclare Caspard Madiala, présent avec une vingtaine de volontaires officiels de la CAN.

Avec son porte-voix, un homme harangue la foule en hurlant : « Abaixa o Terrorisme, Viva a paz! » (« à bas le terrorisme, vive la paix! »).