Politique

Afrique centrale: Bozizé invite à « restaurer la crédibilité » de la Cémac

François Bozizé, président en exercice de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cémac), a réclamé samedi à Bangui des décisions permettant « de restaurer la crédibilité » de cette organisation secouée récemment par des malversations financières.

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Mis à jour le 16 janvier 2010 à 15:44

Afrique centrale: Bozizé invite à « restaurer la crédibilité » de la Cémac © AFP

Fin janvier 2009, les dirigeants de la Cémac réunis à Libreville avaient ordonné des audits de leur institut d’émission monétaire, la Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC), « après avoir constaté des insuffisances dans la mise en oeuvre des réformes », a rappelé M. Bozizé, chef de l’Etat centrafricain, dans son discours à l’ouverture du 10e sommet de la Cémac.

Les mandataires commis pour ces audits « mettront à votre disposition dans un instant les conclusions y relatives. Vous saurez, lors de l’examen desdites conclusions (. . . ) trouver la solution appropriée qui doit permettre de restaurer la crédibilité et l’image de marque de notre communauté », a-t-il déclaré.

Le sommet de janvier 2009 avait décidé la suspension des placements par la BEAC, commandé un audit général de la banque et un « audit spécifique sur les opérations de placement » effectuées auprès d’une banque française et ayant mal tourné.

Aucune estimation n’avait alors été fournie sur le préjudice causé à la Cémac, qui regroupe le Cameroun, la Centrafrique, le Congo, le Gabon, la Guinée équatoriale et le Tchad, alors en proie aux effets de la crise financière internationale.

Fin septembre 2009, le gouverneur de la BEAC, Philibert Andzembé, avait admis que la banque avait perdu 16 milliards de FCFA (25 millions d’euros) dans des investissements hasardeux. Il avait aussi évoqué des détournements portant sur 16 milliards de FCFA (25 millions d’euros).

Ces malversations, révélées par l’hebdomadaire Jeune Afrique, avaient ensuite été confirmées par un rapport interne d’enquête de la BEAC, publié fin octobre, selon lequel 25 millions d’euros normalement dédiés au fonctionnement de la succursale de la banque à Paris et au règlement de factures de la BEAC ont été détournés par des employés entre 2004 et 2009.

En décembre, la BEAC rapportait qu’après la révélation des détournements, le Fonds monétaire international (FMI) avait suspendu ses programmes et décaissements en faveur des Etats membres de la Cémac.

Cette suspension a été levée le 12 novembre « consécutivement à l’application (. . . ) des mesures convenues » avec le FMI afin « restaurer la crédibilité de l’institut d’émission ».

En marge du sommet, les dirigeants de la Cémac doivent inaugurer samedi à Bangui une « Place de la paix El Hadj Omar Bongo Ondimba », président gabonais décédé en juin 2009 et qui était médiateur régional pour la paix en Centrafrique, selon le programme officiel.