Politique

Darfour: nouveaux affrontements entre rebelles et forces armées

De nouveaux affrontements ont opposé samedi au Darfour, dans l’ouest du Soudan, l’armée à un important mouvement rebelle refusant de participer aux pourparlers de paix, a affirmé la rébellion.

Par
Mis à jour le 16 janvier 2010 à 16:17

Darfour: nouveaux affrontements entre rebelles et forces armées © AFP

« L’armée a attaqué nos positions. Ils ont 200 véhicules, des Antonov et l’artillerie lourde. Les affrontements ont eu lieu jusqu’au coucher du soleil », a déclaré à l’AFP Ibrahim al-Hillu, commandant et porte-parole de la faction de l’Armée de libération du Soudan d’Abdelwahid Mohammed Nour (SLA-Abdelwahid).

M. Hillu a fait état de victimes au sein de la population civile, sans avancer de bilan précis.

Les combats ont eu lieu au Nord-Ouest de Kutum, un secteur contrôlé par le SLA-Abdelwahid au Darfour-Nord, à quelque 200 kilomètres du Tchad.

« Ils viennent de trois directions -Kutum, Abdel Shakur et al-Dor- et attaquent le village de Frog », qui accueille un important marché le samedi, avait indiqué quelques heures plus tôt le porte-parole.

Il n’a pas été possible de joindre l’armée soudanaise pour confirmer ces informations.

« Nous cherchons à confirmer ces informations », a déclaré de son côté à l’AFP Noureddine Mezni, le porte-parole de la Mission des Nations unies et de l’Union africaine au Darfour (Minuad).

Le SLA-Abdelwahid, qui n’autorise pas les casques bleus de la Minuad à pénétrer dans les zones sous leur influence, est l’un des plus importants groupes au sein de la rébellion du Darfour, profondément divisée, avec le Mouvement pour la justice et l’égalité (JEM) de Khalil Ibrahim.

Des affrontements ont déjà eu lieu cette semaine dans le Jebel Marra, piémont fertile au coeur du Darfour, entre le SLA-Abdelwahid et l’armée soudanaise, ce qui a forcé l’évacuation d’humanitaires travaillant sur place, selon différentes sources locales.

Ces violences surviennent alors qu’un nouveau round du processus de paix entre la rébellion et le gouvernement doit s’ouvrir dans les prochains jours à Doha, au Qatar. Des ateliers entre groupes rebelles et la société civile du Darfour sont prévus en début de semaine, et devront être suivis à partir du 24 janvier des négociations rébellion-gouvernement.

Abdelwahid Mohammed Nour, qui vit en exil à Paris, refuse de participer au processus de Doha, entamé l’an dernier entre le JEM et les autorités.