Politique

A Bangui, la Cémac veut redorer son blason après des scandales financiers

La Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cémac) a besoin de « restaurer (sa) crédibilité », a estimé son président en exercice François Bozizé samedi à Bangui, lors du 10e sommet de cette organisation secouée récemment par des scandales financiers.

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Mis à jour le 16 janvier 2010 à 20:54

A Bangui, la Cémac veut redorer son blason après des scandales financiers © AFP

La Cémac, créée en 1994, regroupe le Cameroun, la Centrafrique, le Congo, le Gabon, la Guinée équatoriale et le Tchad, six pays dont la crise financière internationale a affecté les économies à travers la baisse des cours de leurs principales sources de revenus: pétrole, mines et bois.

Un premier scandale a été mis à jour lorsque, fin janvier 2009 à Libreville, les dirigeants de la Cémac avaient ordonné un audit général de leur institut d’émission monétaire, la Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC), mais aussi des audits sur des opérations de placement effectuées auprès d’une banque française et ayant mal tourné.

Ils avaient décidé la suspension des placements par la BEAC, sans fournir d’estimation sur le préjudice causé.

Le sommet de Libreville avait pris cette décision après avoir « constaté des insuffisances dans la mise en oeuvre des réformes », a affirmé samedi M. Bozizé, chef de l’Etat centrafricain, dans son discours en présence de ses homologues des cinq autres pays membres.

Le sommet de Bangui doit examiner les conclusions des audits effectués et « trouver la solution appropriée qui doit permettre de restaurer la crédibilité et l’image de marque de notre communauté », a-t-il déclaré.

Fin septembre 2009, le gouverneur de la BEAC, Philibert Andzembé, avait admis que la banque avait perdu 16 milliards de FCFA (25 millions d’euros) dans des investissements hasardeux. Il avait aussi évoqué des détournements portant sur 16 milliards de FCFA (25 millions d’euros).

Ces malversations, révélées par l’hebdomadaire Jeune Afrique, avaient ensuite été confirmées par un rapport interne d’enquête de la BEAC, publié fin octobre, selon lequel 25 millions d’euros normalement dédiés au fonctionnement de la succursale de la banque à Paris et au règlement de factures de la BEAC ont été détournés par des employés entre 2004 et 2009.

En décembre, la BEAC rapportait qu’après la révélation des détournements, le Fonds monétaire international (FMI) avait suspendu ses programmes et décaissements en faveur des Etats membres de la Cémac. Cette suspension a été levée le 12 novembre, après application de mesures convenues avec le FMI afin de « restaurer la crédibilité de l’institut d’émission ».

Autres questions à l’agenda du sommet de Bangui: le passeport et la compagnie aérienne régionale, Air Cémac qui, d’après le président de la Commission de la Cémac, Antoine Ntsimi, devraient être mis en circulation cette année.

« Toutes les dispositions d’ordre technique (. . . ) sont prises pour assurer l’émission et la mise en circulation du passeport Cémac au courant de l’année 2010 », a déclaré M. Ntsimi devant les chefs d’Etat.

Quant au transporteur régional, « le dossier (. . . ) est en bonne voie. Les parties prenantes se sont accordées à l’essentiel pour que Air Cémac soit mise en place effectivement en 2010 », a-t-il assuré.

Il n’a pas précisé de calendrier pour l’application de ces décisions.

Selon la Cémac, la compagnie sud-africaine South African Airways (SAA) s’est engagée à acquérir 40% du capital du transporteur régional, soit 10% de plus que les Etats membres réunis.

En marge du sommet, les dirigeants de la Cémac devaient inaugurer une « Place de la paix El Hadj Omar Bongo Ondimba », dédiée au président gabonais décédé en juin 2009 et qui était médiateur régional pour la paix en Centrafrique, selon le programme officiel.