Politique

Kenya: un barrage éthiopien menace le lac Turkana

Kenya: un barrage éthiopien menace le lac Turkana © AFP

Les ressources de centaines milliers de Kényans vivant dans la région du lac Turkana (nord du Kenya) risquent d'être détruites par la construction d'un barrage hydro-électrique en Ethiopie sur l'un des principaux affluents du lac, a mis en garde mercredi une ONG écologiste.

Actuellement en construction sur la rivière Omo, dans le sud de l’Ethiopie voisine, le barrage de Gilegel Gibe III doit être mis en service en 2013 et produira alors environ 1. 870 mégawatts (MW) d’électricité.

La rivière Omo, qui prend sa source en Ethiopie, est l’un des principaux affluents du lac Turkana. A terme, trois barrages seront opérationnels sur son cours, avec deux autres centrales situées à 250 km au sud de la capitale éthiopienne Addis Abeba.

Deux ans seront nécessaires pour que se remplisse la retenue d’eau de Gilegel Gibe III, période au cours de laquelle la salinité du lac Turkana, non alimenté, augmentera considérablement, dégradant la biodiversité et menaçant l’économie locale, a affirmé une organisation écologiste kényane, les Amis du lac Turkana.

Cette ONG demande la suspension des travaux pour que le gouvernement kényan, censé à terme importer une partie de l’électricité produite par le barrage, puisse évaluer l’impact du projet éthiopien sur l’environnement et les populations locales.

« Nous demandons aux autorités kényanes de réévaluer et de bien penser à ce qu’elles sont en train de faire, avant qu’il ne soit trop tard », a expliqué au cours d’une conférence de presse une responsable des Amis du lac Turkana, Samia Bwana.

Près de 300. 000 personnes vivent de la pêche et de l’élevage sur les rives du Turkana, plus grand lac de la planète situé en zone désertique. Des centaines de milliers d’autres habitants, agriculteurs et éleveurs, dépendent des crues annuelles de la rivière Omo pour leurs cultures ou l’alimentation de leurs bétails.

« Le projet éthiopien n’apportera rien d’autre qu’une tragédie et du mal au Kenya », a estimé Richard Leakey, paléoanthropologue kényan et défenseur de l’environnement.

« Nous dépendons d’un pays réputé pour ses sécheresses à répétition, son manque d’eau qui ont pour conséquence l’exportation d’une électricité à un prix très coûteux. Il n’y a pas d’avenir dans cette partie aride de l’Afrique pour l’électricité hydroélectrique », a ajouté M. Leakey.

L’étude de faisabilité du projet éthiopien a été « si mal faite que la retenue du barrage même pas remplie, des fissures sont déjà constatées », a-t-il assuré.

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