Politique

Centrafrique: un journaliste du quotidien Le Confident arrêté

Un journaliste du quotidien privé centrafricain Le Confident a été arrêté vendredi et était toujours détenu lundi sur plainte pour diffamation d’un responsable du ministère centrafricain des Mines, a appris l’AFP auprès de sa rédaction et du parquet.

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Mis à jour le 6 septembre 2010 à 13:26

Centrafrique: un journaliste du quotidien Le Confident arrêté © AFP

Joint par l’AFP, le plaignant, directeur de cabinet du ministre d’Etat aux Mines, Obed Namsio, n’a pas souhaité faire de commentaire.

Le journaliste, Alexis Remangaï, avait d’abord répondu à une convocation d’Obed Namsio puis a été conduit à la Section Recherches et Investigations (SRI) de la gendarmerie où il a été placé en garde à vue sur ordre du procureur de la République de Bangui, a expliqué à l’AFP le directeur de publication du Confident, Mathurin Momet.

« Alexis Remangaï fait l’objet d’une enquête en arrestation pour diffamation par voie de presse et il devait se présenter à la SRI (. . . ) vendredi. C’est à la demande du parquet qu’il a été conduit à la SRI », a déclaré à l’AFP une source au parquet sous couvert d’anonymat.

Selon sa rédaction, le journaliste a été arrêté à la suite de la publication par Le Confident, le 2 septembre, d’une lettre adressée au ministre des Mines par le Collectif des présidents des coopératives minières centrafricaines.

Dans ce texte daté du 30 août, les présidents d’associations minières accusent M. Namsio et deux autres personnes d’avoir détourné trois chèques de 20 millions de FCFA (plus de 30. 000 euros) destinés à trois coopératives.

Le directeur de cabinet du ministre « a insisté auprès de moi au téléphone pour que je lui dise qui étaient les vrais signataires de cette lettre, j’ai répondu que je ne les connaissais pas », a expliqué Mathurin Momet.

« C’est après l’entretien au téléphone qu’il a reçu Alexis Remangaï en présence de ses proches collaborateurs. (. . . ) Il lui a fait savoir qu’il portait plainte contre lui pour diffamation » avant de faire appel à des policiers, qui ont conduit le journaliste à la gendarmerie, a-t-il ajouté.