Politique

Un village du Sénégal reste avec son sable contaminé au plomb sur les bras

Du sable contaminé au plomb se trouvait toujours dans un village du nord du Sénégal, Mont-Rolland, en dépit de la promesse faite il y a deux mois par le gouvernement de le transférer ailleurs, a-t-on appris mardi auprès du président du conseil rural de ce village.

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Mis à jour le 7 septembre 2010 à 19:57

Un village du Sénégal reste avec son sable contaminé au plomb sur les bras © AFP

Des jeunes envoyés par le ministère de l’Environnement « n’ont enlevé qu’un tiers du sable contaminé au plomb » qu’ils ont mis dans des sacs « toujours présents à Mont-Rolland », a déclaré le président du conseil rural, Yves-Lamine Ciss, interrogé par l’AFP.

Après de premières manifestations en juillet, les habitants du village envisagent à nouveau de manifester la semaine prochaine, soit dans la principale ville de leur région, Thiès, soit à Mont-Rolland, a affirmé M. Ciss.

« Que nous ayons un accord favorable ou pas, nous allons marcher lundi prochain », a-t-il déclaré.

Ces 2. 000 m3 de sable avaient été retirés de Ngagne Diaw, quartier de la commune de Thiaroye (banlieue de Dakar), après avoir été à l’origine de la mort d’une vingtaine d’enfants intoxiqués au plomb en 2008, affecté la santé de nombreux adultes et contaminé les sols.

La contamination résultait d’activités de recyclage de batteries de véhicules pour en récupérer le plomb qui était ensuite revendu à des Indiens.

Il avait été transféré fin juin début juillet à Mont-Rolland, ce qui avait aussitôt entraîné des manifestations de mécontentement de ses habitants. Le ministre de l’Environnement, Djibo Kâ, lors d’une visite sur place, avait alors promis que ce sable serait enlevé prochainement.

« Le sable va commencer à être enlevé. Il sera ensuite traité même si c’est à l’extérieur du Sénégal », avait affirmé début août un responsable du ministère de l’Environnement.

Interrogé mardi par l’AFP, Ernest Dione, directeur adjoint du ministère, a estimé que « la population doit faire confiance à l’action du ministère » dont « le but n’est pas de tuer les gens. « 

Selon lui, les pluies « freinent un peu » le travail des jeunes embauchés pour mettre le sable en sacs devant ensuite être évacués.