Politique

Mauritanie: le président gracie 35 islamistes détenus pour terrorisme

Le président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz a gracié mercredi 35 islamistes détenus, condamnés ou en instance de jugement dans des affaires de terrorisme, à la veille de la fête de fin du mois de jeûne musulman de Ramadan, a annoncé le ministre de la Justice.

Par
Mis à jour le 8 septembre 2010 à 23:31

Mauritanie: le président gracie 35 islamistes détenus pour terrorisme © AFP

Les prisonniers ont pu quitter la prison centrale de Nouakchott, mercredi, à la rupture du jeûne quotidien.

« Je vous apporte l’heureuse nouvelle: le président de la République a accordé sa grâce à des personnes qui étaient condamnées ou en détention préventive à la prison, pour des cas liés au dossier du terrorisme », a annoncé Abidine Ould Elkheir, au cours d’une conférence de presse.

Ces hommes graciés sont présentés comme les plus modérés des islamistes en détention, qui se seraient engagés à « se conformer à l’islam sunnite tolérant » au cours d’un dialogue mené en janvier au sein de la prison par des théologiens mandatés par le gouvernement.

Le ministre a précisé que cette grâce bénéficiait à 35 hommes: 15 déjà condamnés et 20 en détention préventive.

Selon lui, ces libérations ont concerné « presque 50% » des détenus pour terrorisme. Il en resterait donc plus de 35 à la prison de Nouakchott.

La Mauritanie tente de mener simultanément différentes stratégies de lutte contre Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), qui a multiplié ces dernières années les attaques sur son territoire et dans le Sahel.

Dans un entretien publié début septembre par l’hebdomadaire Jeune Afrique, le président Ould Abdel Aziz avait déclaré à propos des détenus ayant officiellement exprimé leur « repentir »: « Nous comprenons la situation de ces jeunes. Ils sont perdus et ont été embarqués dans des combats qui ne les concernent pas ». Puis il avait ajouté: « Libre à moi de les gracier en tant que président ».

Le chef de l’Etat avait en revanche réaffirmé qu’il restait « opposé à l?élargissement de prisonniers en échange de la libération d?otages ».

Cependant, le 16 août, Nouakchott avait extradé vers Bamako le Malien « Omar le Sahraoui », condamné par la justice mauritanienne pour l’enlèvement des trois Espagnols fin 2009. Cette extradition avait été perçue comme un geste pour aider à la libération des deux otages espagnols restants (la 3e avait déjà été libérée), qu’Aqmi avait relâchés la semaine suivante.

Aqmi a récemment revendiqué une tentative d’attentat menée, le 25 août, par un jeune kamikaze mauritanien contre une caserne de l’armée, à Nema (sud-est de la Mauritanie). Dans sa revendication, Aqmi a affirmé que cet attentat-suicide constituait une riposte au raid franco-mauritanien mené le 22 juillet contre une de ses unités en territoire malien.