Politique

Massacre d’une famille à Madagascar: nouveau procès à Paris le 26 octobre

Les auteurs présumés du massacre d’une famille française en 2001 à Madagascar, dont le procès avait été annulé pour vice de forme par les assises de Saint-Denis de la Réunion, seront rejugés à Paris du 26 octobre au 17 novembre, a-t-on appris jeudi auprès de la cour d’assises de Paris.

Par
Mis à jour le 9 septembre 2010 à 14:06

Massacre d’une famille à Madagascar: nouveau procès à Paris le 26 octobre © AFP

Le 11 juin 2009, la Cour de cassation avait infirmé l’annulation prononcée à La Réunion en février 2009 et ordonné la tenue d’un nouveau procès.

Le 22 avril 2001 dans la banlieue d’Antananarivo, cinq membres de la famille Remtoula, d’origine indo-pakistanaise et de nationalité française, avaient été tués lors d’une réunion de famille par des hommes qui avaient fait irruption sur la terrasse de leur maison et tiré avec des armes à feu dont une kalachnikov. Trois adultes et deux adolescents de 13 et 15 ans avaient péri.

Cette tuerie avait provoqué un grand émoi dans la communauté des « karanas », Malgaches d’origine indo-pakistanaise, musulmans chiites, dont la plupart ont choisi la nationalité française à l’indépendance de la Grande île.

Après une première enquête n’ayant pas abouti à Madagascar, la famille des victimes avait porté plainte à la Réunion auprès de la justice française.

L’enquête avait permis l’arrestation de Mamode Abasse Mamodtaky, de ses beaux-frères Babar Ali Yohan et Riazhoussen Damdjy, et d’un Réunionnais, Jean-François Crozet, le seul à avoir avoué sa participation.

Ils avaient tous les quatre été renvoyés devant les assises pour assassinats et tentatives. Selon l’accusation, c’est Mamodtaky qui aurait commandité le massacre suite à un différend conjugal et financier avec son ex-épouse, Anita Remtoula.

Mais, coup de théâtre, le 24 février 2009, au bout d’une semaine de procès, la cour avait annulé l’acte de mise en accusation pour vice de forme et ordonné la remise en liberté des quatre accusés.

La cour s’était rangée aux arguments de la défense, représentée notamment par deux ténors du barreau venus de métropole, Eric Dupond-Moretti et Gilbert Collard. Mettant en cause un lieutenant de police pour avoir effectué une « pré-enquête » de manière illégale, ils avaient plaidé la nullité de la procédure.

Trois des accusés comparaîtront détenus, tandis qu’Ali Babar Yohan est toujours en fuite.