Politique

Soudan: fin du conflit avec le Sud sur les royalties du pétrole

Le pouvoir central soudanais a mis fin à un conflit avec le Sud semi-autonome du pays en versant sa part des royalties sur le pétrole en devises étrangères, a affirmé jeudi un responsable du gouvernement sudiste.

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Mis à jour le 9 septembre 2010 à 15:34

Soudan: fin du conflit avec le Sud sur les royalties du pétrole © AFP

Le mois dernier, le ministre sudiste des Finances, David Deng Athorbei, avait accusé Khartoum de chercher à affaiblir « délibérément » l’économie du Sud-Soudan, en lui versant depuis juillet sa part de royalties en livres soudanaises alors que le Sud manque cruellement de devises fortes pour payer ses importations.

La banque centrale à Khartoum avait nié que la forme de paiement ait changé.

Le sous-secrétaire sudiste aux Finances, Salvatore Garang Mabiordit, a toutefois confirmé le retour à un versement en devises étrangères.

« Il y a eu des réunions il y a dix jours à un haut niveau pour résoudre cette question, et nous sommes soulagés de voir que les paiements sont revenus à la normale », a-t-il déclaré.

« Il s’agissait d’un gros problème et d’une grande préoccupation, mais maintenant c’est résolu », a-t-il ajouté.

Le Soudan produit environ 460. 000 barils de pétrole par jour, dont la majeure partie est destinée à l’exportation, principalement vers l’Asie. Les royalties sur le pétrole pompé au Sud-Soudan uniquement sont partagées entre le gouvernement du sud et le gouvernement central à Khartoum.

Les royalties sur le pétrole représentent plus de 90% des revenus du gouvernement sudiste, qui n’a pratiquement pas d’autres sources de devises étrangères et se remet difficilement d’une guerre civile de plus de 20 ans.

Les Sud-Soudanais doivent prendre part en janvier à un référendum-clé qui pourrait aboutir à la sécession du Sud et donc à la partition du Soudan, le plus grand pays d’Afrique.

La secrétaire d’Etat américaine Hilary Clinton, qui s’exprimait mercredi sur les perspectives de sécession du Sud, a évoqué le problème de la répartition des revenus du pétrole, prédisant « une décision très difficile à accepter pour le Nord ».

Quant au Sud, « il devra reconnaître qu’à moins de vouloir encore des années de guerre (. . . ), il devra faire certains compromis avec le Nord », a-t-elle ajouté, en qualifiant le référendum de « bombe à retardement ».