Politique

L’Afrique du Sud met la pression sur les groupes miniers pour plus de mixité

L’Afrique du Sud a menacé lundi les groupes miniers de révoquer leurs licences d’exploitation, s’ils n’embauchent pas plus de dirigeants noirs et ne transfèrent pas plus de capitaux à des actionnaires noirs.

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Mis à jour le 13 septembre 2010 à 18:18

L’Afrique du Sud met la pression sur les groupes miniers pour plus de mixité © AFP

« La transformation (raciale) dans le secteur a été décevante par sa lenteur », a déclaré la ministre des Mines Susan Shabangu lors d’un point-presse.

Dans un accord avec le gouvernement, visant à corriger les inégalités héritées du régime raciste d’apartheid, les groupes miniers avaient accepté en 2004 de transférer 15% de leurs capitaux à des investisseurs noirs d’ici la fin 2009.

Or, aujourd’hui seuls 8,9% des mines sont aux mains de propriétaires noirs, selon Mme Shabangu.

Le gouvernement a rédigé une nouvelle « chartre » avec l’industrie minière, selon laquelle 26% du secteur doit être la propriété de Noirs d’ici 2014.

« Nous prendrons sans aucun doute des actions contre les groupes miniers qui n’atteindront pas cet objectif », a précisé le porte-parole du ministère Jeremy Michaels.

« Nous n’avons pas encore utilisé l’article 47 de la Loi sur le développement des ressources minières et pétrolières, qui prévoit la possibilité de révoquer des licences d’exploitation, mais nous le feront dans l’avenir si le besoin s’en fait sentir », a-t-il ajouté.

Ces menaces interviennent alors que la Ligue de la Jeunesse du parti au pouvoir, le Congrès national africain (ANC), plaide pour une nationalisation des mines.

Pour l’instant, l’ANC assure ne pas vouloir changer sa politique minière, mais le sujet devrait être abordé lors du congrès annuel du parti, la semaine prochaine.

L’Afrique du Sud est le 4e producteur d’or au monde, et produit également des diamants, du platine et du charbon.