Politique

Afrique: les objectifs du millénaire encore « plus difficiles » après la crise

La crise a rendu encore « plus difficile » le respect des objectifs du millénaire pour le développement (OMD) en Afrique, et les pays riches doivent accroître la part de l’aide destinée au continent noir, affirment l’ONU et l’OCDE dans un rapport publié lundi.

Par
Mis à jour le 20 septembre 2010 à 12:41

Afrique: les objectifs du millénaire encore « plus difficiles » après la crise © AFP

Dans ce troisième « examen mutuel de l’efficacité du développement », la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique (CEA) et l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), qui réunit les pays riches, estiment que les progrès réalisés en termes de gouvernance ont permis d’ »atténuer les effets de la crise » sur le continent.

Ses effets « sont néanmoins douloureux », estiment les deux institutions, soulignant que la croissance africaine est passée d’une moyenne d’environ 6% en 2006-2008 à 2,2% en 2009, soit une progression du produit intérieur brut (PIB) par habitant « quasiment au point mort ».

Cela a « mis a mal les progrès impressionnants qu’avait commencé à enregistrer l’Afrique au regard des OMD » et laisse le continent « face à des défis plus difficiles encore à relever pour les cinq ans qui restent jusqu’à la date butoir de 2015 », selon le rapport.

Les OMD, fixés en 2000, consistent à réduire de moitié la pauvreté extrême dans le monde d’ici 2015, mais aussi à promouvoir l’éducation, l’égalité des sexe, la santé maternelle, à combattre la mortalité infantile, le sida et le paludisme, et à préserver l’environnement.

Le rapport de la CEA et de l’OCDE est publié à New York à l’occasion d’un sommet sur les OMD qui doit réunir, de ce lundi à mercredi, les chefs d’Etat et de gouvernement des 192 Etats membres de l’ONU juste avant le début de l’Assemblée générale de l’organisation mondiale.

Les progrès ont été « lents » ces dernières années en ce qui concerne « l’agriculture et la sécurité alimentaire, le changement climatique, l’énergie, la durabilité environnementale, l’eau et l’assainissement », écrivent les auteurs de l’étude.

Selon eux, « il est clair que l’engagement de doubler l’aide à l’Afrique d’ici 2010 », pris par les pays riches il y a cinq ans, « ne sera pas honoré ». Qui plus est, « la part de l’Afrique dans le total de l’aide publique au développement (APD) mondiale a été ramenée de plus de 40% en 1990 à environ 30-35% depuis 2000 », « alors même que la proportion de pauvres en Afrique par rapport à la population de pauvres dans le monde a augmenté, et devrait atteindre environ 40% en 2015 ».

Les pays riches doivent donc « accroître » la part de l’APD « destinée à l’Afrique », selon le rapport.

Ils doivent aussi renforcer leur soutien en matière de gouvernance économique, notamment dans le « domaine essentiel » de la fiscalité, afin que les pays africains parviennent à collecter davantage de ressources internes et soient moins dépendants de l’aide extérieure.

De leur côté, les Etats africains doivent redoubler d’efforts au sujet de l’intégration régionale, « préalable essentiel à l’intensification des échanges régionaux entre pays d’Afrique, encore faibles, et à la mise en place d’une infrastructure de base ».