Politique

Un Canadien soupçonné d’espionnage au profit des Etats-Unis retenu en Libye

Un Canadien soupçonné d’espionnage au profit des Etats-Unis a été empêché de quitter la Libye pour « raisons de sécurité », a rapporté lundi le journal libyen Oéa.

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Mis à jour le 20 septembre 2010 à 14:00

Un Canadien soupçonné d’espionnage au profit des Etats-Unis retenu en Libye © AFP

Douglas Oriali, qui détient également les nationalités irlandaise et australienne, est soupçonné de collaborer avec les renseignements américains « en vue de collecter des informations visant à faire échouer un projet de forage au large de la Libye du groupe pétrolier britannique BP ».

Un « responsable libyen de haut rang » cité par le journal a précisé que M. Oriali s’était présenté à son arrivée en Libye comme un archéologue venu en touriste.

Le responsable a précisé que M. Oriali a été placé sous surveillance et a été interdit de sortie du pays après la découverte de « contacts entre le Canadien et un diplomate américain en Libye soupçonné lui aussi d’être un agent des renseignements ».

Contactée par l’AFP, l’ambassade du Canada à Tripoli s’est refusée à tout commentaire.

Mais des « sources de l’ambassade », citées par le journal, ont affirmé que M. Oriali est retenu dans son hôtel à Tripoli et qu’il a été interrogé à deux reprises par la sécurité libyenne qui a confisqué son ordinateur portable et son téléphone.

Durant les interrogatoires, il a fourni aux autorités ses numéros de comptes accessibles sur internet et le contenu de son e-mail, a encore ajouté Oéa.

BP avait indiqué fin juillet qu’il comptait démarrer une campagne de forage en eaux profondes au large de la Libye « dans quelques semaines », en vertu d’un accord conclu avec la Libye en 2007, avant de reporter son projet au deuxième semestre.

Ces forages doivent se dérouler à 1. 700 mètres de profondeur, légèrement supérieure à celle du puits de Deepwater Horizon, la plate-forme de BP dont l’explosion a déclenché fin avril la pire marée noire de l’histoire des Etats-Unis.

La préparation de cette campagne a renforcé les critiques à l’encontre de BP aux Etats-Unis, où certains responsables soupçonnent la compagnie d’avoir exercé des pressions sur les autorités britanniques en vue d’obtenir la libération du Libyen Abdelbaset al-Megrahi, condamné pour l’attentat de Lockerbie en 1988, afin d’obtenir ce contrat d’exploration.