Politique

Les financements innovants ont réussi à se faire entendre à l’ONU

Les financements innovants basés sur des taxes diverses touchant les billets d’avion, le tourisme, internet ou les transactions financières ont marqué des points au sommet de l’ONU de lutte contre la pauvreté qui s’achève mercredi.

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Mis à jour le 22 septembre 2010 à 13:06

Les financements innovants ont réussi à se faire entendre à l’ONU © AFP

Plusieurs chefs d’Etat et de gouvernement, dont le président français Nicolas Sarkozy et le Premier ministre espagnol José Luis Zapatero ont publiquement pris fait et cause lundi pour une taxe sur les transactions financières, dans le but de contribuer aux énormes besoins en capitaux des objectifs du Millénaire pour le développement (OMD).

Billets d’avion, tourisme, internet, téléphonie mobile, transactions financières: les financements innovants peuvent prendre la forme de taxes diverses qui ne font pas l’unanimité auprès de certains pays, notamment les Etats-Unis.

Une brochette de ministres et de responsables d’organisations internationales ont défendu mardi le principe des financements innovants, estimant que sans eux les OMD n’avaient aucune chance de trouver les capitaux suffisants pour aboutir.

Lors d’une conférence rassemblant 300 participants organisée en marge du sommet sur les OMD, le ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner a expliqué que « les financements innovants, nous en avons besoin car les financements traditionnels ne sont pas suffisants ».

« Cette réunion est une étape décisive pour un monde solidaire », a-t-il souligné. « C’est de l’argent qui s’ajoutera à l’argent public », a-t-il dit.

« Il y a un sentiment d’urgence car nous avons comme objectif cinq ans », la date butoir pour les OMD, « pour mettre au point cette nouvelle approche et il est toujours difficile de proposer une nouvelle approche », a-t-il souligné.

Le ministre a expliqué que s’agissant des transactions financières, une taxe de 0,05% produirait 5 cents pour 1. 000 dollars de transactions mais « permettra de lever 40 milliards de dollars par an au minimum ».

« Ce ne sera pas fait demain mais après-demain », a-t-il dit. « Un groupe de pays va commencer. Certains doivent être des pionniers », a-t-il dit.

M. Charles Michel, ministre belge pour le développement et la coopération, a insisté sur le fait que les moyens sont « une question centrale » pour réussir les OMD. « Nous pouvons faire la démonstration que si nous le voulons, il est possible de mettre en oeuvre une taxe sur les transactions financières », a-t-il dit.

Angel Gurria, secrétaire général de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), a souligné qu’il fallait « convaincre les contribuables qu’il existe un besoin de taxes nouvelles pour les plus pauvres dans le monde ».

La réunion a également reçu le soutien du commissaire européen chargé du développement Andris Piebalgs qui a ajouté: « Il existe une nécessité de lever de nouveaux financements pour soutenir le développement ». « La Commission donnera son soutien à ce projet », a-t-il dit.

M. Philippe Douste-Blazy, conseiller spécial du secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon, a estimé qu’il fallait désormais « changer d’échelle » et se tourner vers le tourisme, internet, la téléphone mobile et les marchés financiers.

« On est probablement à la veille d’une très grande avancée », a-t-il estimé.

Dans une déclaration adoptée à l’issue de la réunion, le groupe pilote « appelle les autres membres des Nations unies à se joindre à nous ». « L’heure est venue de faire preuve de volonté politique. Nous avons mondialisé l’économie: il est temps maintenant de mondialiser la solidarité ».