Politique

Otages au Sahel: la France prête à « engager le contact » avec les ravisseurs

La France est prête à « engager le contact à tout moment » avec la branche maghrébine d’Al-Qaïda, qui a revendiqué l’enlèvement de sept personnes dont cinq Français au Niger, a déclaré vendredi le chef d’état-major des armées, qui exclut pour l’instant une intervention militaire.

Par
Mis à jour le 24 septembre 2010 à 08:12

Otages au Sahel: la France prête à « engager le contact » avec les ravisseurs © AFP

« Bien sûr, les autorités françaises sont prêtes à engager le contact à tout moment, la seule difficulté que nous ayons c’est que comme d’habitude dans ce genre d’affaire, ce sont les preneurs d’otage qui sont les maîtres du temps », a expliqué l’amiral Edouard Guillaud sur la radio privée Europe 1.

« L’intervention militaire n’est pas, à l’instant où je vous parle, à l’ordre du jour. Pour l’instant nous établissons la situation dans l’urgence, comme à chaque prise d’otage et les forces militaires sont là en soutien de notre diplomatie », a-t-il ajouté.

« L’option militaire reste envisageable, pour autant à l’instant où je vous parle la vie des otages n’est pas directement menacée, nous attendons donc d’avoir un canal de communication », a-t-il souligné.

Nous ne sommes « absolument pas prêts à leur céder en toutes circonstances, la France comme d’autres pays l’a d’ailleurs montré des fois précédentes », a assuré l’amiral Guillaud, qui a aussi cité le président Nicolas Sarkozy selon qui le paiement de rançons n’est pas une stratégie durable, tout en nuançant: « tout est fonction des circonstances ».

Dans la nuit du 15 au 16 septembre, cinq Français, un Togolais et un Malgache, pour la plupart des collaborateurs des sociétés françaises Areva et Satom (groupe Vinci), ont été enlevés à leur domicile à Arlit, dans le nord du Niger.

L’enlèvement a été revendiqué mardi par Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) qui a précisé qu’il ferait parvenir ultérieurement des « demandes légitimes » à la France’. La France a authentifié cette revendication.

Les otages sont aujourd’hui au Mali, a assuré le chef d’état-major. « Pour autant que nous le sachions, ils sont en vie, mais nous n’avons pas à cette heure de preuve formelle, nous avons un faisceau d’indices », a-t-il affirmé.

« Les armées françaises sont mises à contribution pour d’abord établir une cartographie de cette zone, une zone qui est au total grande comme six fois la France, composée de désert de cailloux, de montagnes et de sable, avec un peu de végétation et des campements qui peuvent être des campements de touaregs, de caravaniers, de trafiquants ou des campements d’Aqmi », a détaillé l’amiral.

Le chef d’état-major est aussi revenu sur l’enlèvement de trois marins français dans la nuit de mardi à mercredi au large du Nigeria, voisin du Niger.

« C’est une piraterie que j’appelerai tribalo-mafieuse. Il y a régulièrement des attaques de tribus qui trouvent que la manne pétrolière n’est pas bien répartie et qui exigent de l’argent (. . . ). Jusqu’à présent, tout s’est toujours bien terminé », a-t-il rappelé.