Politique

Afrique du Sud: l’ANC défend son projet de tribunal des médias

Le Congrès national africain (ANC), au pouvoir en Afrique du Sud, défend son projet controversé de tribunal des médias et a décidé de s’en remettre au Parlement pour étudier sa faisabilité, a déclaré vendredi un responsable du parti, au cours d’une conférence de presse.

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Mis à jour le 24 septembre 2010 à 15:55

Afrique du Sud: l’ANC défend son projet de tribunal des médias © AFP

« Le Parlement devrait déterminer si (ce projet) est souhaitable et s’il est faisable (. . . ). Le système actuel d’autorégulation avec un médiateur et un Conseil de la presse est inefficace et doit être renforcé », a déclaré Pallo Jordan, membre du Comité exécutif national de l’ANC, dont les propos sont rapportés par l’agence de presse Sapa, au dernier jour d’une réunion nationale du parti à Durban.

Ce projet –mené parallèlement à une réforme également critiquée de la loi sur l’information– a suscité une levée de boucliers dans la profession et au-delà. Les écrivains Nadine Gordimer et André Brink ont joint leurs voix à ceux qui accusent le pouvoir de vouloir museler la presse.

L’organisation internationale de défense des journalistes Reporters sans Frontières (RSF) a demandé jeudi aux autorités sud-africaines de renoncer à ses « deux projets rétrogrades » visant à réguler le secteur la presse.

« Aux mains des autorités et de l’ANC, un tel tribunal mettrait en péril l’indépendance des organes de presse », a affirmé RSF dans un communiqué.

« Forte d’une presse diversifiée et courageuse, l’Afrique du Sud faisait jusqu’ici figure de modèle pour la liberté de la presse sur le continent, a souligné RSF. Les deux projets actuellement portés par l’ANC sont de nature à remettre en cause cette situation ».

Certains analystes ont estimé que sous couvert de protéger l’honneur des citoyens, l’ANC cherchait de facto à empêcher la publication d’articles qui « exposent les exemples de mauvaise gestion ou de corruption » des autorités.