Politique

Le Soudan, menacé de partition, au centre de toutes les inquiétudes à l’ONU

La très probable séparation du Soudan en deux Etats et les risques qu’elle génère pour la paix en Afrique étaient vendredi au centre de toutes les inquiétudes lors d’un sommet à l’ONU en présence du président américain Barack Obama.

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Mis à jour le 24 septembre 2010 à 18:20

Le Soudan, menacé de partition, au centre de toutes les inquiétudes à l’ONU © AFP

Ce sommet dans l’enceinte des Nations unies devrait durer au moins deux heures. La présence du président Obama et d’autres hauts dirigeants du monde et de la région est censée témoigner de la solidarité de la communauté internationale à trois mois d’un référendum qui verra le Sud du Soudan choisir entre l’unité avec le Nord ou l’indépendance.

La secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton a comparé le Soudan à « une bombe à retardement » tandis que le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon en a fait « sa priorité numéro un ».

Il a indiqué à l’AFP que le résultat du vote « sera d’une importance critique pour la paix et la sécurité dans la région ».

Le référendum pourrait, s’il se passe de manière anarchique, contestée et non démocratique, générer de nouveaux troubles armés, s’ajoutant à la crise du Darfour.

Outre M. Obama, les présidents rwandais, éthiopien, kényan, ougandais, gabonais, les vice-présidents soudanais, le Premier ministre néerlandais, le vice-Premier ministre britannique, les ministres des Affaires étrangères de France, d’Allemagne, de Norvège, d’Inde, d’Egypte, du Brésil, du Japon et du Canada sont annoncés pour ce sommet.

Les participants discuteront des moyens nécessaires à l’organisation en temps et en heure de ce référendum dans un délai de trois mois, alors que les préparatifs ont pris beaucoup de retard.

« Il faut se mettre dans des dispositions pour que le référendum ait lieu, pour contrôler la situation, envoyer des observateurs et surtout éviter une confrontation possible », a dit à l’AFP le chef de la diplomatie française Bernard Kouchner.

Selon les observateurs, l’indépendance devrait largement l’emporter lors du référendum du 9 janvier dans cette région chrétienne et animiste éprouvée par une guerre de 20 ans contre Khartoum.

De nombreux pays redoutent qu’un retard dans l’organisation du vote conduise à une déclaration unilatérale d’indépendance du Sud et à un nouveau conflit.

Or, des diplomates et des responsables de l’ONU notent que la préparation du référendum a pris un retard difficile à combler. Certains diplomates estiment que le président soudanais Omar el-Béchir a délibérément traîné les pieds dans l’organisation du référendum.

Les quinze pays membres du Conseil de sécurité ont appelé à la mi-septembre les parties en présence à « prendre des mesures d’urgence » pour que le référendum se déroule d’une manière pacifique et à la date prévue.

Les Etats-Unis ont mis tout leur poids dans les tractations en cours. Le sommet de vendredi « doit encourager le Nord et le Sud à travailler ensemble de manière constructive », a souligné le porte-parole du département d’Etat, Philip Crowley.

La guerre civile qui a duré 22 ans s’est terminée en 2005 avec la conclusion d’un accord de paix, mais les tensions demeurent vives. Un deuxième référendum doit se tenir dans la petite région d’Abyei qui devra choisir entre le Nord et le Sud.

Le Soudan est un pays producteur de pétrole, essentiellement en direction de la Chine. Sa position stratégique en Afrique, à proximité de la Somalie et de la République démocratique du Congo, renforce les craintes à propos du référendum, de même que le conflit au Darfour qui dure depuis près de sept ans dans l’ouest du Soudan.