Politique

Viols en RDC: une experte demande que les rebelles soient jugés

Une experte de l’ONU sur les violences sexuelles a exhorté lundi la communauté internationale à juger les rebelles des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) et les milices Maï-Maï, accusés d’avoir violé des centaines de personnes en République démocratique du Congo (RDC) en juillet et août.

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Mis à jour le 27 septembre 2010 à 20:30

Viols en RDC: une experte demande que les rebelles soient jugés © AFP

« Les FDLR ont une nouvelle fois été responsables de graves violations des droits de l’homme en RDC. L’établissement des responsabilités doit commencer avec les chefs de ce groupe et avec ceux d’autres groupes », a indiqué la représentante spéciale du Secrétaire Général de l’ONU pour les violences sexuelles dans les conflits, Margot Wallström.

Elle s’exprimait lors de débats parallèles au Conseil des droits de l’homme, réuni en session actuellement.

Mme Wallström a souligné que les noms de certains de ces chefs étaient connus, citant ceux « du Colonel Mayele, des Maï-Maï », ainsi que le « Colonel Serafim des FDLR ».

Selon l’experte, ce ne sont pas 303 personnes, dont des enfants, qui ont été violés au cours des violences en RDC, dans 13 villages du Nord-Kivu, fin juillet et en août comme l’a indiqué un rapport récent de l’ONU, mais « jusqu’à 500 ».

Dans leur rapport publié vendredi, les experts ont toutefois précisé qu’ils n’avaient pas pu finir leurs entretiens dans 6 villages en raison de l’insécurité qui règne encore dans la région.

« Ceci est un crime international qui abandonne les femmes dans la honte et laisse les coupables en liberté », a déploré Mme Wallström, lors d’une conférence de presse.

L’ONU a attribué ces violences aux rebelles hutus rwandais des FDLR, aux milices Maï-Maï et aux partisans du Colonel Emmanuel Nsengiyumva (un colonel congolais qui a rejoint la rébellion début 2010).

Margot Wallström a estimé que les gouvernements devaient se mobiliser pour juger les coupables de ces viols « avant que la piste se refroidisse et que l’attention des médias diminue ».

Elle a par ailleurs estimé que les chefs des rebelles, qui n’avaient pas directement participé aux violences, devaient également être poursuivis pour ne pas avoir empêché les violences.

La représentante de Ban Ki-moon a également indiqué qu’elle se rendait mardi en RDC pour encourager les autorités à lutter contre l’impunité.

Elle a également lancé un appel pour que la communauté internationale s’attaque aux racines des conflits dans la région — l’exploitation des minerais –, demandant la mise en place de certificats tels qu’il existe pour contrôler le commerce des diamants bruts (Certificat du processus de Kimberley).

Mme Wallström a par ailleurs pointé du doigt les défaillances de la Monusco

« Le problème est qu’ils n’ont pas pris au sérieux les signaux d’alarme suffisamment tôt, a-t-elle expliqué devant la presse.

Par ailleurs, la Haute commissaire aux droits de l’homme, Navi Pillay, a annoncé qu’un panel d’experts, dirigé par allait se rendre en RDC cette semaine pour entendre des victimes des viols.