Politique

La visite du président angolais à Pretoria « cimente » les liens bilatéraux

Le président angolais José Eduardo dos Santos a entamé mardi sa première visite d’Etat en Afrique du Sud, saluée par son homologue Jacob Zuma comme un événement « historique » qui consolide de manière « définitive » les liens entre les deux pays.

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Mis à jour le 14 décembre 2010 à 14:17

La visite du président angolais à Pretoria « cimente » les liens bilatéraux © AFP

« Cette visite entrera dans les livres d’histoire comme ayant définitivement cimenté les relations entre nos deux nations », a déclaré le président sud-africain lors d’un point-presse à Pretoria.

« Nos discussions vont aider à resserrer encore nos liens d’amitié et de coopération », a ajouté son homologue, au pouvoir depuis 1979 dans l’ancienne colonie portugaise, lors de cette visite de deux jours.

Son séjour fait suite à un déplacement du président Zuma à Luanda en 2009, qui avait amorcé une détente entre les deux pays après des décennies de crispation.

Le programme officiel a débuté par la signature d’accords de coopération dans les secteurs de l’énergie, des télécommunications et de la construction. « Ces signatures témoignent de notre volonté de porter notre coopération à un niveau supérieur », a commenté Jacob Zuma.

L’Afrique du Sud, première puissance économique du continent, tente de pénétrer davantage sur le marché angolais, en pleine croissance grâce à d’énormes revenus pétroliers, mais peine à s’y faire une place.

En 2009, les exportations sud-africaines vers l’Angola se sont élevées à 5,5 milliards de rands (800 millions de dollars, 600 millions d’euros), contre 6 milliards de rands en 2007.

La balance commerciale est largement déficitaire pour l’Afrique du Sud qui importe pour près de 12 milliards de rands d’Angola, à 90% des produits pétroliers.

De plus, la reconstruction de l’Angola, ravagé par 27 ans de guerre civile (1975-2002), est principalement assurée par des entreprises chinoises, brésiliennes ou européennes.

Pretoria paie le prix de tensions bilatérales qui remontent à l’engagement du régime d’apartheid aux côtés des rebelles en lutte contre le gouvernement angolais.

L’Angola avait abrité des troupes du mouvement anti-apartheid de Nelson Mandela mais l’arrivée au pouvoir de ce dernier en 1994 n’a pas amélioré les relations en raison de divergences sur l’issue de la guerre.

Des désaccords avec son successeur, Thabo Mbeki, sur la crise au Zimbabwe et la guerre en République démocratique du Congo (RDC), ont continué à alimenter le froid entre les deux pays.

Seule l’arrivée au pouvoir de Jacob Zuma, en mai 2009, a amorcé une embellie. Sa visite dès août en Angola avait été marquée par la signature de premiers accords de coopération, notamment dans le domaine pétrolier.

L’Angola dispute au Nigeria la place de premier producteur de brut en Afrique mais, faute de capacité de raffinage suffisante, importe 50% de son carburant. Au contraire, l’Afrique du Sud produit très peu de brut mais dispose de la seconde capacité de raffinage du continent.

La compagnie pétrolière sud-africaine PetroSA a fait savoir qu’elle souhaitait participer à la production de brut en Angola et prendre part à l?exploration de nouveaux puits. L’Angola est de son côté prêt à travailler avec des Sud-Africains pour la construction d’une raffinerie à Lobito (est).

« Les discussions bilatérales sur le pétrole se poursuivent. Elles se passent bien », s’est borné à déclarer mardi Jacob Zuma.

Les deux hommes se rendront mercredi au Cap (sud-est) pour une visite sur l’île-bagne de Robben Island où Nelson Mandela avait été détenu pendant 18 ans.