Politique

Egypte: l’armée pourrait s’opposer au fils de Moubarak pour la présidence

L’armée égyptienne pourrait constituer un « obstacle crucial » à une éventuelle succession de Gamal Moubarak à son père Hosni à la tête de l’Egypte, selon un câble diplomatique américain rendu public sur le site Wikileaks.

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Mis à jour le 14 décembre 2010 à 17:53

Egypte: l’armée pourrait s’opposer au fils de Moubarak pour la présidence © AFP

« L’appareil militaire pourrait être un obstacle crucial », écrit l’ancien ambassadeur des Etats-Unis au Caire Francis Ricciardone dans ce télégramme de mai 2007 classé « secret ».

Proche des milieux d’affaires, Gamal Moubarak, bientôt 47 ans, est malgré ses démentis fréquemment cité comme successeur potentiel de son père, lors de la présidentielle de 2011 ou en cas d’incapacité du président égyptien, âgé de 82 ans.

Même s’il considère cette hypothèse comme crédible, l’ambassadeur Ricciardone souligne que Gamal Moubarak, à la formation de banquier, n’a pas de grade d’officier, et laisse entendre qu’il n’a peut-être même pas terminé son service militaire, un lourd handicap dans un pays où l’armée a un poids considérable.

« Les quatre présidents égyptiens qui se sont succédé depuis 1952 sont issus du corps des officiers, et l’armée est historiquement la garante ultime du pouvoir présidentiel », rappelle-t-il.

Le diplomate évoque également une opinion publique peu enthousiaste à l’idée d’une succession familiale.

Malgré tout, l’hypothèse reste très crédible.

« La machine du PND (le parti présidentiel, dont Gamal Moubarak est l’un des principaux dirigeants) peut très bien préparer une victoire électorale en jouant sur une faible participation, des listes électorales approximatives et le contrôle de l’Etat sur la machine électorale », écrit l’ambassadeur.

D’ailleurs, « en raison de la paranoïa de la dictature égyptienne, aucun autre nom (d’éventuel successeur) ne peut être ébruité sans risque, ou sans manque de respect » à actuel président, qualifié de « pharaon », poursuit-il.

De nombreux commentateurs égyptiens ont vu dans les législatives des 28 novembre et 5 décembre, marquées par une victoire écrasante du PND et des accusations de fraude massive, un prélude à une présidentielle sur mesure pour Gamal Moubarak.

Un télégramme postérieur de l’ambassade américaine, daté de mai 2009 et publié la semaine dernière par Wikileaks, souligne toutefois que l’actuel président pourrait fort bien se succéder à lui-même en 2011, et rester en place tant que sa santé le lui permettra.