Politique

Kenya: la presse nationale se félicite des avancées de la CPI

La plupart des journaux kényans a salué jeudi la divulgation la veille par le procureur de la Cour pénale internationale (CPI) des noms de six principaux suspects dans les violences post-électorales qui ont fait plus de 1. 100 morts fin 2007-début 2008.

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Mis à jour le 16 décembre 2010 à 09:26

Luis Moreno-Ocampo « a parlé, que le processus commence! », lance dans son éditorial le Daily Nation, principal quotidien du pays.

Le procureur de la CPI a révélé mercredi depuis La Haye les noms de six suspects soupçonnés d’être les principaux responsables de crimes contre l’humanité commis lors des violences.

Parmi eux figurent le vice-Premier ministre et ministre des Finances Uhuru Kenyatta et le ministre de l’Education supérieure, suspendu pour une autre affaire, William Ruto, membres des deux principaux partis de la coalition gouvernementale et candidats potentiels à l’élection présidentielle de 2012.

Les suspects ont proclamé leur innocence mais affirment cependant leur intention de coopérer avec les juges de la CPI.

L’intervention de la CPI « n’a vraiment démarré qu’après que les mêmes politiciens, qui pleurent aujourd’hui, eurent saboté toutes les tentatives pour mettre en place un tribunal spécial local », observe le Daily Nation.

Pour le Nairobi Star, les hommes politiques mis en cause doivent tout simplement quitter leurs fonctions officielles, en attendant l’issue des enquêtes de la CPI: « on ne peut pas avoir faire deux poids deux mesures », estime le quotidien privé, en référence aux récentes démissions forcées de deux ministres accusés de corruption.

Le Standard, autre grand quotidien, titre pour sa part: « La foudre! ».

Pour le journal, l’annonce d’Ocampo frappe l’Etat à la tête et touche au coeur du pouvoir, dans ce qui pourrait être un tournant dans l’histoire politique du Kenya: « avec le bras de la justice internationale qui va aussi loin, la possibilité existe que le pays renaisse et relève le défi de la justice pour la majorité des sans-voix ».

Dans un éditorial intitulé « Le début de la fin pour l’impunité », le Standard estime que l’enquête de la CPI s’inscrit dans un processus de réforme du pays, déjà enclenché avec l’adoption d’une nouvelle Constitution en août dernier.

« Pour la première fois, il y a la possibilité d’une vraie justice », se félicite le Standard.