Politique

Sud-Soudan: le Conseil de sécurité de l’ONU inquiet des incidents militaires

Le Conseil de sécurité de l’ONU a exprimé jeudi une profonde inquiétude à propos des « incidents militaires » entre le nord et le sud du Soudan moins d’un mois avant un référendum le 9 janvier qui devrait consacrer la scission du Sud-Soudan.

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Mis à jour le 16 décembre 2010 à 19:22

Le Conseil a insisté sur une action urgente pour que le sud et le nord se mettent d’accord sur le tracé de la frontière et le partage des richesses pétrolières et des dettes du pays après le référendum.

Le gouvernement du Sud-Soudan a accusé le président soudanais Omar el-Béchir d’avoir lancé trois attaques aériennes la semaine dernière sur l’Etat de Bahr el Ghazal près de la frontière qui avait connu une guerre civile achevée en 2005.

« Le Conseil est profondément inquiet à propos des récents incidents militaires », indique une déclaration du Conseil de sécurité diffusée lors d’une réunion de l’organe exécutif des Nations unies à laquelle participaient des ministres du nord et du sud.

Le référendum est prévu par les accord de 2005 entre le nord et le sud qui avaient mis fin à la guerre civile qui a fait deux millions de morts et la communauté internationale ainsi que les Nations unies sont inquiets d’un retour du conflit à l’occasion du scrutin.

Un autre référendum doit avoir lieu dans la région riche en pétrole d’Abyei. Mais il y a des doutes croissants sur la tenue de ce scrutin, le gouvernement de Khartoum et les dirigeants d’Abyei n’ayant pas encore conclu un accord sur le vote.

Le chef des opérations de maintien de la paix de l’ONU Alain Le Roy a indiqué qu’il « y a une tension croissante sur le terrain » et a mis en garde contre « tout incident qui pourrait faire dérailler » l’ensemble du processus de paix soudanais.

Le Conseil de sécurité à souligné « sa profonde inquiétude » à propos de l’absence d’accord sur Abyei.

Pagun Amum, le ministre de la paix pour le gouvernement du Sud-Soudan, a estimé lors de cette réunion que Khartoum devrait simplement envisager de remettre Abyei au sud.

Il a souligné que soit le référendum à Abyei a lieu le 9 janvier comme prévu, soit le gouvernement de el-Béchir « transfère Abyei au sud » par un décret présidentiel.

Mutrif Sideeg, ministre d’Etat pour les Affaire humanitaires du gouvernement de Khartoum, a réaffirmé l’engagement du gouvernement de Khartoum pour un référendum pacifique mais a mis en garde la communauté internationale contre le fait de « planter les germes de la suspicion et du doute » entre le nord et le sud.

L’enregistrement des votants s’est tenu sans heurts au Soudan. Après des doutes exprimés il y a quelques mois, des diplomates indiquent désormais qu’il y avait un optimisme croissant sur le fait que le référendum irait de l’avant le 9 janvier au moins dans le Sud-Soudan.