Politique

Développement en Afrique: pour Tony Blair il faut s’inspirer de la Chine

L’ancien Premier ministre britannique Tony Blair, désormais à la tête d’une ONG intervenant en Afrique, a invité les pays occidentaux à s’inspirer de l’exemple de la Chine dans ses relations avec le continent noir, dans un entretien jeudi avec l’AFP à Washington.

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Mis à jour le 16 décembre 2010 à 23:37

Si beaucoup de dirigeants africains coopèrent avec la Chine, « ce n’est pas seulement parce que la Chine est un pays puissant. C’est parce que nos systèmes sont très bureaucratiques et que les Chinois ont une approche assez directe de ce qu’ils font », a plaidé M. Blair.

« Ils vont dire au dirigeant d’un pays: +Que vous faut-il?+, et il répondra:+J’ai besoin d’une route allant du point A au point B+. Et le lendemain, il y aura quelqu’un avec une pelle. Et voilà ».

Tony Blair, également représentant du Quartette pour le Proche-Orient (Etats-Unis, Union européenne, Russie et ONU), est à la tête de l’Africa Governance Initiative (AGI), une ONG conseillant les dirigeants du Rwanda, du Sierra Leone et du Liberia sur les questions de gouvernance.

Selon lui, des coopérations sont possibles entre les pays occidentaux et la Chine à propos du développement de l’Afrique subsaharienne, « une situation gagnant-gagnant pour les deux parties et bien sûr pour le pays concerné ».

Dans un discours prononcé jeudi à Washington, l’ex-dirigeant de centre-gauche a souligné l’importance de fournir une aide au développement correspondant aux priorités définies par le pays aidé lui-même.

« En général, c’est de l’infrastructure: des routes, de l’électricité, même des bâtiments publics fonctionnant bien », a-t-il expliqué.

« Nous devons travailler sur ce que les pays jugent vital, pas sur les choses dont nous pensons qu’elles recevront le plus d’applaudissements dans nos parlements nationaux », a souligné Tony Blair, même s’il reste nécessaire d’en faire plus « dans les domaines que nous jugeons essentiels », comme « la santé et l’éducation ».