Politique

Festival des arts nègres: l’opposition sénégalaise dénonce « la dilapidation des deniers publics »

L’opposition sénégalaise a qualifié samedi de « gâchis financier » le Festival mondial des arts nègres organisé jusqu’à la fin de l’année au Sénégal, accusant le régime d’Abdoulaye Wade de « dilapider » des milliards de francs CFA sans transparence.

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Mis à jour le 18 décembre 2010 à 20:52

« Les sommes annoncées ne seront jamais mises dans le déroulement de cette manifestation », a affirmé l’ancien Premier ministre Moustapha Niasse, devant plusieurs centaines de personnes réunies à Guédiawaye, dans la banlieue de Dakar.

« Ce festival pêche par le manque de qualité, le manque d’organisation, le manque de hauteur » et « le peuple sénégalais n’y participe pas », a déclaré M. Niasse, déplorant de nombreux retards et annulations dans les évènements officiellement programmés.

Sur des tracts on pouvait lire: « Non à la dilapidation des deniers publics. 39 milliards de francs CFA (59 millions d’euros) pour un festival = 390 nouveaux collèges ».

Quelques manifestants brandissaient des pancartes, affirmant: « Festival, quel gâchis! A quand la fin des coupures de courant? Halte à la hausse des prix des denrées de première nécessité ».

Le troisième Festival mondial des arts nègres a débuté le 10 décembre et doit se poursuivre jusqu’à la fin de l’année sur le thème de la « renaissance africaine ». Il se tient 44 ans après la première édition organisée en 1966 par le président socialiste Léopold Sédar Senghor.

La coalition d’opposition Bennoo Siggil Senegaal a estimé, dans un communiqué, que ce festival offrait un échantillon des « tares du régime », en parlant de « corruption », de « folie des grandeurs » ou de « népotisme ».

Les opposants déplorent régulièrement que le président Wade, candidat pour un troisième mandat en 2012, ait choisi sa fille Sindiély pour codiriger le festival, de même qu’il avait confié, en 2007, l?organisation du Sommet de la conférence islamique à son fils Karim.