Politique

Soudan: la charia sera renforcée au Nord après la sécession du Sud

La charia, ou loi islamique, deviendra « l’unique source de la Constitution » du Soudan « après la sécession » du sud du pays à l’issue du référendum de janvier prochain, a déclaré dimanche le président soudanais Omar el-Béchir.

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Mis à jour le 19 décembre 2010 à 12:22

« Après la sécession du Sud-Soudan, nous allons changer la Constitution. Il ne sera plus question de diversité culturelle ou ethnique, la seule source de la Constitution sera la charia et l’arabe sera la seule langue officielle », a affirmé le raïs soudanais lors d’un discours dans l’Etat de Gedaref (est du pays), retransmis à la télévision nationale.

Les Sud-Soudanais doivent choisir entre le maintien de l’unité avec le reste du Soudan ou la sécession lors d’un référendum prévu le 9 janvier prochain. Ce scrutin est le point-clé de l’accord de paix ayant mis fin en 2005 à plus de deux décennies de guerre civile sanglante entre le Nord, musulman, et le Sud, en grande partie chrétien.

A l’issue de la guerre civile, le parti du Congrès national (NCP) du président Béchir et les ex-rebelles sudistes du Mouvement populaire de libération du Soudan (SPLM) avaient promulgué une Constitution intérimaire, valide jusqu’en juillet 2011.

Cette Constitution reconnaît le caractère « multiethnique », « multiculturel », et « multi-religieux » de l’Etat soudanais et se fonde à la fois sur la loi islamique (charia) et le « consensus » de la population.

Elle fait aussi de l’anglais et de l’arabe les deux langues officielles du plus grand pays d’Afrique, anciennement sous influence britannique et égyptienne.