Politique

Gabon: un rassemblement d’opposants devant l’Assemblée nationale dispersé

La police gabonaise a dispersé lundi une cinquantaine d’opposants qui protestaient devant l’Assemblée nationale contre la projet de révision de la Constitution, a constaté un journaliste de l’AFP.

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Mis à jour le 20 décembre 2010 à 19:40

L’officier de police dirigeant l’opération a déclaré que ce rassemblement n’était pas autorisé.

Présent sur les lieux, Gérard Ella Nguema, secrétaire exécutif adjoint de l’Union nationale (UN), l’un des deux principaux partis d’opposition, a affirmé que quatre personnes avaient été arrêtées, dont Mike Jocktane, secrétaire national de l’UN.

Joint par l’AFP à sa sortie du commissariat de Nkembo, M. Jocktane a indiqué avoir été libéré en fin d’après-midi après avoir fait sa déposition. Les trois autres personnes ont également été libérées, selon lui.

« On s’est fait arrêter à la sortie de l’Assemblée nationale alors qu’on ne faisait rien de mal. J’ai été violenté pendant l’arrestation mais après, j’ai été bien traité », a-t-il ajouté,

Jointes par l’AFP, les autorités gabonaises n’avaient pas réagi en début de soirée.

La révision de la Constitution vise à « accorder tous les pouvoirs à l’usurpateur qu’est Ali Bongo », a déclaré peu avant l’intervention de la police M. Ella Nguema, alors que les députés devaient examiner cette révision lundi, selon lui.

« Autant la communauté internationale cherche à rétablir la vérité au niveau de la Côte d’Ivoire, autant ils doivent rétablir la vérité ici, c’est M. (André) Mba Obame (secrétaire exécutif de l’UN) qui a gagné les élections », a-t-il ajouté.

Samedi, le président de l’Union nationale, Zacharie Myboto a demandé « la démission d’Ali Bongo Ondimba » et rejeté « son projet de révision de la Constitution ».

Citant le documentaire « Françafrique » diffusé en décembre par la chaîne publique française France 2, M. Myboto avait affirmé: « des autorités françaises (. . . ) déclarent que l’élection présidentielle d’août 2009 remportée par Ali Bongo (. . . ) a été bien truquée. Ces mêmes autorités confirment que c’est bel et bien André Mba Obame qui avec 42% des suffrages a été élu ».

Dimanche, le Premier ministre Paul Biyoghe Mba s’était « indigné » des propos de l’opposition dénonçant des « gesticulations » de « politiciens sur le retour ».