Politique

Crise aux Comores : l’Union africaine appelle « à la plus grande retenue »

Un policier devant des affiches électorales du président sortant, Azali Assoumani, le 25 mars 2019 à Moroni, aux Comores. © GIANLUIGI GUERCIA / AFP

L'Union africaine (UA) a appelé samedi les parties en présence aux Comores à « faire preuve de la plus grande retenue », en pleine crise politique née de la réélection contestée du président Azali Assoumani.

Le président de la Commission de l’Union africaine (UA), Moussa Faki Mahamat, s’est déclaré « préoccupé par la détérioration du climat politique et sécuritaire » dans l’archipel, dans un communiqué rendu public tard vendredi soir.

Parvenu au pouvoir à la faveur d’un putsch en 1999, élu président en 2002 pour un mandat allant jusqu’à 2006, à nouveau élu en 2016, le colonel Azali a été reconduit dès le premier tour avec 60,77% des suffrages, selon la Commission électorale.

L’opposition a hurlé au « hold-up » et au « coup d’Etat », dénonçant les « fraudes massives » du camp présidentiel.

Les ONG comoriennes et de nombreux observateurs étrangers ont largement confirmé les irrégularités relevées par les douze adversaires pendant la présidentielle du chef de l’État sortant.

M. Faki Mahamat a « déploré les actes de violence ayant occasionné des pertes en vies humaines ».

Des échanges de tirs ont fait trois morts jeudi autour de la principale caserne militaire de Moroni, juste après l’arrestation d’un chef de l’opposition qui refuse de reconnaître la victoire du colonel Azali.

Evoquant les « multiples incidents survenus le jour du scrutin, lesquels ont non seulement interrompu le vote et les opérations de dépouillement dans plusieurs bureaux de vote, mais ont également empêché de nombreux électeurs d’exercer leurs droits civiques dans la sérénité », selon les observateurs internationaux, y compris ceux de l’UA, le président de la Commission de l’Union africaine a souligné le fait que « toute contestation des résultats des élections doit se faire exclusivement par le recours aux voies légales ».

Depuis des mois, l’opposition dénonce la « dictature » du président Azali. Il a dissous la Cour constitutionnelle, modifié la Constitution dans un sens qui pourrait lui permettre de rester au pouvoir jusqu’en 2029 et fait arrêter des dizaines d’opposants.

Les Comores, petit archipel pauvre de l’océan Indien, ont connu leur lot de coups d’État et de crises séparatistes depuis leur indépendance en 1975.

Newsletter :
déjà 250 000 inscrits !

Recevez chaque jour par email,
les actus Jeune Afrique à ne pas manquer !

Votre magazine JEUNE AFRIQUE

consultable sur smartphone, PC et tablette

Couverture

Profitez de tous nos contenus exclusifs en illimité !

Abonnez-vous à partir de 7,99€

Déjà abonné(e) ? Accédez au kiosque

Abonnez-vous à la version papier

Fermer

Je me connecte