Politique

Algérie : malgré l’appel de Gaïd Salah à l’empêchement de Bouteflika, la foule nombreuse

SIPA_00900317_000027 ©

Une foule énorme a réclamé vendredi à Alger, pour la sixième semaine consécutive, le départ du « système » au pouvoir, quelques jours après la proposition du chef d'état-major de l'armée d'écarter le président Abdelaziz Bouteflika du pouvoir.

Difficile à évaluer précisément en l’absence de chiffres officiels, la mobilisation apparaissait très forte, peu de temps après le démarrage du cortège en début d’après-midi, semblant indiquer que l’offre du chef d’état-major de l’armée, le général Ahmed Gaïd Salah, n’a pas calmé la contestation.


>>> À LIRE – Algérie : « Gaïd Salah a compris que Bouteflika et ses deux frères sont finis politiquement »


“Bouteflika tu partiras, emmène Gaïd Salah avec toi”, scandaient les manifestants, ou “FLN dégage”, en référence au Front de libération nationale, parti au pouvoir du président Bouteflika.

Le cortège, où dominaient comme chaque vendredi les couleurs du drapeau national – vert et blanc, frappé de l’étoile et du croissant rouges – , reprenait également en chœur le refrain de la chanson “Liberté”, du rappeur algérien Soolking, dédiée au mouvement populaire, ou l’hymne national.

Départ de l’ensemble du régime

Mardi, le général Ahmed Gaïd Salah, personnage-clé du pouvoir, a proposé la mise en oeuvre de mécanismes constitutionnels pour écarter le chef de l’État du pouvoir, dernière tentative en date du régime d’apaiser la contestation qui refuse de faiblir.

L’essentiel de ceux qui étaient jusqu’ici les plus zélés prosélytes de Bouteflika ont rallié la proposition de l’armée, et le président, âgé de 82 ans et au pouvoir depuis 20 ans, apparaît vendredi très isolé, même s’il est toujours en fonction.


>>> À LIRE – [Tribune] Abdelaziz Bouteflika, ce roi Lear qui voulait mourir sur scène


Les manifestants ont rappelé qu’ils souhaitent quoiqu’il en soit le départ de l’ensemble du régime, et pas seulement celui du chef de l’État.

Plusieurs soutiens de la contestation, comme l’avocat Mustapha Bouchachi ou la Ligue algérienne de défense des droits de l’homme (LADDH), s’opposent déjà à la mise en oeuvre, proposée par l’armée, de l’article 102 de la Constitution, permettant la mise à l’écart du chef de l’État, au profit du lancement d’un processus de transition vers un nouveau régime.

Sur les réseaux sociaux, des vidéos circulaient en fin d’après-midi montrant des jets d’eau pour disperser la foule à Alger, aux abords du boulevard Mohammed V et de la place Maurice Audin.

Lire les autres articles du dossier

«Démission de Bouteflika : les six semaines qui ont ébranlé l'Algérie»

Newsletter :
déjà 250 000 inscrits !

Recevez chaque jour par email,
les actus Jeune Afrique à ne pas manquer !

Votre magazine JEUNE AFRIQUE

consultable sur smartphone, PC et tablette

Couverture

Profitez de tous nos contenus exclusifs en illimité !

Abonnez-vous à partir de 7,99€

Déjà abonné(e) ? Accédez au kiosque

Abonnez-vous à la version papier

Fermer

Je me connecte