Politique

Soudan : un militant d’un parti membre de la coalition au pouvoir est mort en détention selon sa famille

Rassemblement antigouvernemental à Omdourman, ville voisine de la capitale soudanaise Khartoum, le 29 janvier 2019.

Rassemblement antigouvernemental à Omdourman, ville voisine de la capitale soudanaise Khartoum, le 29 janvier 2019. © AFP

Un militant d'un parti islamiste membre de la coalition au pouvoir au Soudan est mort en détention, quelques jours après avoir été arrêté pour ses liens avec les manifestations antigouvernementales qui secouent le pays depuis plus d'un mois, a indiqué samedi un proche.

Ahmed al-Kheir, un enseignant de 36 ans, était membre du Parti du congrès populaire (PCP), qui, malgré sa présence au gouvernement d’Omar el-Béchir, a réclamé une enquête sur la mort de manifestants.

Il y a trois jours, deux agents des forces de sécurité ont emmené M. Kheir de son domicile, dans la ville de Khashm al-Girba, dans l’Etat de Kassala (est), a confié son oncle, Ahmed Abdelwahab, à l’AFP.

« Nous ne savions pas où ils l’avaient emmené, mais les agents des forces de sécurité ont dit à ce moment-là qu’il était l’un des organisateurs des manifestations », a poursuivi M. Abdelwahab.

Selon cet oncle, la famille a été informée de l’hospitalisation de M. Kheir à Kassala samedi matin, avant d’être orientée vers la morgue de la ville de Gadaref (est).

« J’ai vu son corps là-bas. J’ai vu qu’il y avait des marques de coups sur son dos », a témoigné son oncle, précisant que la famille avait enterré le corps dans leur ville d’origine.

Sa mort a été confirmée par un comité de médecins lié à l’Association des professionnels soudanais, fer de lance de la contestation contre le président Béchir, qui dirige le Soudan d’une main de fer depuis un coup d’Etat soutenu par les islamistes en 1989.

La police et les forces de sécurité n’étaient pas joignables dans l’immédiat.

Le Soudan, qui rencontre des difficultés économiques et fait régulièrement face à des pénuries, est secoué depuis le 19 décembre par des manifestations déclenchées par la décision du gouvernement de tripler le prix du pain.

Rapidement, le mouvement s’est transformé en contestation du pouvoir du président Béchir.

Trente personnes ont perdu la vie depuis le début du mouvement, selon un bilan officiel. Des ONG évoquent toutefois plus de 40 morts.

Le PCP, fondé par le leader islamiste Hassan al-Tourabi, compte deux ministres d’état dans le gouvernement actuel et sept députés au Parlement.

Quelques jours après le début du mouvement de contestation contre Béchir, le parti avait appelé à une enquête sur les personnes tuées durant les protestations.

Newsletter :
déjà 250 000 inscrits !

Recevez chaque jour par email,
les actus Jeune Afrique à ne pas manquer !

Votre magazine JEUNE AFRIQUE

consultable sur smartphone, PC et tablette

Couverture

Profitez de tous nos contenus exclusifs en illimité !

Abonnez-vous à partir de 7,99€

Déjà abonné(e) ? Accédez au kiosque

Abonnez-vous à la version papier

Fermer

Je me connecte