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L’Afrique du Sud remet en chantier sa politique de redistribution des terres

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Mis à jour le 31 août 2011 à 15:27

L’Afrique du Sud remet en chantier sa politique de redistribution des terres © AFP

L’Afrique du Sud a présenté mercredi une réforme de sa politique de redistribution des terres agricoles au profit de la majorité noire, qui restreindra la propriété foncière privée et étrangère, selon le projet.

Depuis la fin de l’apartheid il y a 17 ans, seuls 5% des terres environ ont changé de main. A l’époque, la minorité blanche détenait 87% des terres.

L’échec de la redistribution est d’autant plus cuisant que là où il y a de nouveaux propriétaires noirs, ceux-ci, faute de capital, se débattent dans d’insondables difficultés pour se maintenir à flot, et seules 10% des fermes transférées sont productives.

Le gouvernement promet donc une réforme depuis bientôt deux ans, mais la nouvelle législation a été retardée à plusieurs reprises.

Le document de onze pages, présenté mercredi par le ministre de la Réforme agraire, Gugile Nkwinti, propose de passer par la location de terres, privées ou publiques, de poser des limites à la propriété privée foncière, d’imposer des conditions et des obligations aux propriétaires étrangers.

Il prévoit aussi un système de pâtures communales sur les terres placées sous l’autorité de chefs traditionnels.

« Partout ailleurs, les étrangers peuvent posséder la terre mais dans le respect de strictes conditions s’ils ont vraiment le privilège d’être propriétaires. Dans notre pays aussi, nous en sommes au point où nous voulons nous assurer de garder le contrôle du patrimoine national que constitue la terre », a exposé lors d’un point presse au Cap M. Gugile Nkwinti.

Le projet de réforme s’attaque également au problème de la fixation des prix lors du rachat des terres par l’Etat à des fermiers blancs, dont certains, des exploitants expérimentés, n’hésitent pas à quitter le pays pour s’établir ailleurs sur le continent voire s’expatrier jusqu’en Géorgie.

« Personne dans le monde n’a de solution magique pour résoudre ces questions foncières post-coloniales. Dans notre pays, nous voulions résoudre le problème hier, ce n’est pas possible sur un sujet aussi sensible. Cela va prendre encore un peu de temps et demander de la patience », a souligné M. Kwinti.

Le ministre a par ailleurs reconnu que l’objectif initial de redistribuer 30% des terres détenues par des Blancs d’ici 2014 ne serait probablement pas atteint.

L’Etat devrait sortir 40 milliards de rands (4 milliards d’euros) pour acheter ces terres et « je ne nous vois pas sortir cette somme pour acheter les 30% dont nous parlons d’ici 2014 », a dit le ministre.