Politique

Pour se déplacer dans les campagnes du Malawi, rien de mieux que le vélo-taxi

Pour se déplacer dans les campagnes du Malawi, rien de mieux que le vélo-taxi © AFP

Les vélo-taxis aux sièges rembourrés installés sur les porte-bagages sont alignés le long de la route, attendant les clients. Ils font concurrence aux autos dans les campagnes du Malawi, transportant tout et n'importe quoi, des malades au bois de chauffage.

« Construire des bateaux était trop dur. C’est pourquoi j’ai décidé de changer. Je fais environ 1. 000 kwachas (4,50 euro) par jour », raconte Panjira Khombe, 28 ans, qui fait le taxi depuis deux ans.

Les lourdes charges ne lui font pas peur. « J’ai l’habitude. Je peux transporter des gens corpulents. Ca ne nous dérange pas, tant qu’il y a des clients! »

Alors que les motos ont envahi de nombreux pays d’Afrique, le Malawi rural a gardé un côté délicieusement rétro, avec tous ces vélos dont le seul bruit des sonnettes trouble le calme bucolique.

Alex Hockin, une bénévole d’Ingénieurs sans frontières –une ONG– a payé un peu plus d’un dollar à un conducteur de « kabaza » pour faire quelques kilomètres avec ses courses à Salima, une ville de l’est du pays près du lac Malawi.

« Je les aime vraiment », témoigne cette étudiante canadienne en sciences de l’environnement, âgée de 21 ans. « Vous avez juste à sauter sur un vélo-taxi, si vous devez vous déplacer! »

Seule précaution, selon elle: il faut absolument éviter les modèles dont les sièges ne sont pas rembourrés.

« Pour chaque voiture, vous verrez passer de dix à vingt vélos à Salima. C’est, je suppose, logique, à cause de la crise du carburant. « 

Le Malawi, un pauvre pays essentiellement agricole comptant environ 16 millions d’habitants, est régulièrement frappé par des pénuries de carburant, qui paralysent les transports.

En juillet, des émeutes anti-gouvernementales, attisée par cette pénurie, ont fait 19 morts.

Mais les vélo-taxis n’ont pas de problème de pétrole. Et ils permettent d’aller partout, pour bien moins cher.

Dans une rue animée de Nsundwe, à l’ouest de la capitale Lilongwe, Banda Chimupuwe, 16 ans, vend des sucettes glacées, une glacière rouge à roulettes accrochée à son vélo.

« C’est facile, quand je veux vendre ma marchandise », dit-il, fier de son vélo vert qu’il a acheté pour 12. 000 kwachas (53 euros). « Il est bon marché, il n’a pas besoin d’essence! »

« Le vélo est très populaire au Malawi, parce que les gens ne peuvent pas s’offrir une moto et parce que le pays a une forte densité de population », résume le Néerlandais Peter Meijer, qui a créé Sakaramenta, une entreprise de fabrication de vélos, en 2009.

Sa société, basée dans la capitale économique Blantyre, construit des remorques, notamment pour transporter ou vendre des marchandises. Mais son produit le plus populaire est ce qu’il appelle l’ambulance « CareCar », une bicyclette-ambulance qui transporte les patients dans une remorque spéciale. il y en a déjà vendu 800.

« Elle est utilisée pour transporter les patients et les femmes enceintes du village à l’hôpital. La distance moyenne entre le village et le centre de santé est de 13 km dans les zones rurales du Malawi. Normalement, les gens doivent marcher », explique-t-il.

Le distributeur Farmers World, quant à lui, vend entre 8. 000 à 10. 000 vélos par an –importés d’Inde– pour entre 12. 000 et 15. 000 kwachas pièce (53 à 66 euros).

« Il n’y a pas de taxes routières et on n’a pas besoin de place de stationnement », sourit Amin Edhi, qui y dirige l’approvisionnement.

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