Politique

En prison au Maroc, un champion de boxe, bientôt rejugé

En prison au Maroc, un champion de boxe, bientôt rejugé © AFP

Un ancien champion de boxe marocain, détenu au Maroc depuis septembre 2010, doit être rejugé le 27 octobre après avoir été condamné à trois de prison pour "escroquerie", la Cour suprême ayant cassé un premier jugement, a indiqué vendredi son avocat à l'AFP,

Selon plusieurs ONG, Zakaria Moumni, 31 ans, est victime « de l’entourage royal » pour avoir critiqué le gouvernement marocain dans certains médias et lui-même affirme avoir été maltraité en détention.

Condamné en septembre 2010 à trois ans de prison ferme, il a vu sa peine en janvier 2011 réduite à deux ans et demi en appel.

« M. Moumni, qui est dans la prison de Roumani, à 200 km à l’est de Rabat, sera rejugé à Rabat jeudi, après que la Cour suprême eût cassé la décision de la Cour d’Appel », a précisé son avocat, Me Abderrahim Jamaï.

Depuis qu’il a remporté en 1999 le championnat du monde de boxe « light-contact », M. Moumni, marié à une Française, réclame un travail au Maroc auquel il estime avoir droit en application d’un décret royal de 1967. Celui-ci prévoit de récompenser par un travail dans la fonction publique marocaine les sportifs ayant honoré le Royaume par un titre international.

Interrogé par l’AFP, le ministre de la Jeunesse et des sports Mouncef Belkhayat a mis en cause ce droit de l’ancien boxeur à un emploi, faisant valoir que ce décret s’applique uniquement, « aux disciplines olympiques reconnues par le Comité international olympique (CIO), ce qui n’est pas le cas du +light boxing+ », une discipline de boxe venue d’Asie et « peu pratiquée ».

M. Moumni a été arrêté en septembre 2010 à l’aéroport de Casablanca, venant de France – où il réside depuis plusieurs années – et condamné le 4 janvier 2010 à trois ans de prison pour « escroquerie ».

Selon l’acte d’accusation du 30 septembre 2010 présenté au tribunal de Première instance de Rabat, M. Moumni « avouait » avoir escroqué deux personnes en leur soutirant à chacun 1. 200 euros, en échange de la promesse de leur trouver du travail en Europe. Ce que nie l’accusé.

Certaines associations rejettent ces accusations. « M. Moumni est victime de l’entourage royal. Il a été condamné suite un procès inéquitable, et ainsi +puni+ parce qu’il avait critiqué le gouvernement marocain dans certains médias. Nous demandons qu’il soit libéré, a ainsi indiqué à l’AFP Khadija Ryadi, la présidente de l’Association marocaine des droits humains (AMDH).

Le 25 janvier 2010, il aurait tenté de remettre sa requête au roi et à son entourage en se rendant à un château appartenant au monarque à Betz (65 km au nord-est de Paris) mais en aurait été empêché par les gardes du corps du roi.

Dans un rapport de l’ONG Human Rights Watch publié en avril 2011, le champion de boxe a affirmé qu’après sa descente d’avion le 27 septembre 2010, les policiers marocains « l’ont placé en garde à vue pendant trois jours sans en informer sa famille ».

Les policier marocains « ont versé de l’eau sur lui, l’ont forcé à s’asseoir sur son genou et à un moment l’ont frappé sur les pieds (. . . ) Il est resté les yeux bandés jusqu’à ce qu’ils le transportent de ce centre de détention à un poste de police, le 30 septembre », ajoute HRW citant M. Moumni.

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