Justice

RDC : le procès de Bosco Ntaganda à la CPI touche à sa fin

Bosco Ntaganda à la CPI, le 10 février 2014. © Toussaint Kluiters/AP/SIPA

L'accusation et la défense prendront la parole pour la dernière fois à partir de mardi dans le procès de l'ancien chef de guerre congolais Bosco Ntaganda, près de trois ans après l'ouverture des débats devant la Cour pénale internationale (CPI).

L’ex-rebelle avait plaidé non coupable en septembre 2015 des treize crimes de guerre et cinq crimes contre l’humanité qui lui sont reprochés.

Autrefois surnommé « Terminator », Ntaganda est accusé d’avoir commandité des meurtres, pillages et viols d’enfants soldats, commis par ses troupes en 2002-2003 en Ituri, dans le nord-est de la République démocratique du Congo (RDC), au cours d’un conflit qui coûta la vie à plus de 60.000 personnes selon les ONG.

Il aurait donné les ordres, planifié et programmé les opérations, coordonné la logistique et fourni les armes à ses troupes.

Les faits qui lui sont reprochés font de Bosco Ntaganda, 44 ans, « un des commandants les plus importants » lors de crimes « ethniques », selon le procureur de la CPI Fatou Bensouda.

Dernières cartes à jouer

De mardi à jeudi, accusation et défense joueront leurs dernières cartes avant un jugement qui sera au coeur de l’attention après l’acquittement surprise par la chambre d’appel de la CPI, en juin, du Congolais Jean-Pierre Bemba, condamné à 18 ans de prison pour des crimes commis par ses troupes en Centrafrique.

Lors de sa prise de parole en tant que premier témoin pour sa propre défense en juin 2017, Bosco Ntaganda a cherché à se présenter comme « un être humain », selon son avocat, le Canadien Stéphane Bourgon.

Face à ses juges, l’ancien rebelle à la moustache en traits de crayon avait affirmé avoir aidé à mettre fin au génocide rwandais de 1994, où il a « vu des horreurs ».

Issu d’une famille tutsie de six enfants, il avait confié avoir « perdu beaucoup de membres de (sa) famille » dans le conflit sanglant.

« Et je me suis dit : ‘Je ne veux plus qu’aucune autre communauté puisse vivre ce que ma communauté a vécu' », avait-il révélé d’une voix faible.

Une réputation à lisser

C’est sans doute ce qu’il répètera dans un ultime espoir de convaincre les juges : il est prévu que M. Ntaganda fasse une déclaration non assermentée vers la fin des plaidoiries finales, a indiqué M. Bourgon à l’AFP.

Le plan de la défense au cours du procès était limpide : lisser la réputation de son client. Celle d’un chef de guerre opportuniste et sans pitié au sein des rébellions où il a successivement évolué.

Né en 1973 au Rwanda, Bosco Ntaganda a fait ses armes avec le Front patriotique rwandais (FPR) après avoir vécu dans le Masisi, territoire de la province congolaise du Nord-Kivu où vit une importante communauté rwandophone.

Général dans l’armée congolaise de 2007 à 2012, Ntaganda était le fugitif le plus recherché dans la région des Grands Lacs jusqu’à ce qu’il se rende de manière inopinée en 2013 pour demander son transfert à la CPI.

Selon des observateurs, il est probable qu’il craignait pour sa vie sous la menace d’une faction rivale.

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